Valls des milliards : les patrons mènent le bal

Manuel Valls, le nouveau chef du « gouvernement de combat », a annoncé la couleur : tout pour le CAC 40, une aumône pour les bas salaires et ceinture pour la Santé, les budgets sociaux ou les aides au logement. Décidément, Hollande n’a pas entendu le ras-le-bol qui s’est exprimé aux Municipales.

 

Des cotisations qui Valls, des patrons à la fête

 

Avec les mesures annoncées par Valls, le « pacte de responsabilité » promis au Medef viendra ajouter 10 milliards d’euros aux 20 milliards du « pacte de compétitivité » déjà mis en place. Et toujours pas l’ombre d’un engagement sur les « contreparties » en termes de créations d’emplois. Pour près de la moitié, ces milliards viendront de la suppression pure et simple des cotisations patronales (santé, retraite, chômage…) sur les salaires au smic et de leur allègement jusqu’à 1,6 smic. Tant pis si ça incite les patrons à tirer les salaires à la baisse ! Le reste de ces aides doit venir d’une baisse des cotisations famille des patrons (dégressives mais cette fois jusqu’aux salaires de 3,5 smic, donc quasiment sur tous les salaires) et de la réduction de l’impôt sur les sociétés. Quelques miettes pour les salariés Pour l’autre volet promis par Hollande, dit « pacte de solidarité », Valls nous annonce une mesure pour les bas salaires. De quoi s’agit-il ? On n’augmente pas le salaire brut, pas même le smic : il faut que ça ne coûte rien au patron ! Mais on baisserait les cotisations des smicards et, de façon dégressive, des salariés touchant jusqu’à 1,3 smic. Soit une aumône de 40 euros sur le salaire net du smicard, et rien à partir de 1,3 fois le smic. Avec de l’argent pris là aussi dans les budgets sociaux, donc en amputant ceux de la Sécurité sociale et des caisses de chômage et de retraite, quitte à nous annoncer plus tard de nouvelles baisses des remboursements de soins, des droits au chômage ou des pensions de retraite. Et comme pour les cadeaux aux patrons il faut bien de l’argent, Valls nous annonce 50 milliards d’euros de coupes budgétaires sur les trois prochaines années.

 

Des coupes sombres dans les services publics

 

Tirs à volonté contre le budget des collectivités territoriales, celui de l’assurance maladie. Haro sur l’école, les hôpitaux, les transports publics, déjà asphyxiés. Moins de remboursements de santé, moins d’allocations aux étudiants, aux plus modestes, aux plus démunis. Cette politique anti-ouvrière est menée par les gouvernements de droite comme de gauche à travers toute l’Europe. Avec la grève générale de mercredi dernier en Grèce, les manifestations au Portugal, ou en Italie samedi, ces attaques contre les travailleurs ne restent pas sans réponses.

 

Une riposte nécessaire

 

En France, la marche contre l’austérité a réuni environ 25 000 manifestants samedi dernier à Paris. Parmi les principaux organisateurs, le Parti de Gauche et le PCF avaient avant tout des visées électoralistes, eux qui appellent à s’unir dans les urnes, beaucoup moins dans les luttes et dans la grève. Mais pour bien des salariés, pas satisfaits de la riposte inexistante préparée par les directions syndicales, c’était une occasion dont ils se sont saisi pour dire leur rejet de ce gouvernement. L’opposition véritable à ce gouvernement et sa politique patronale ne peut venir que des travailleurs et des chômeurs eux-mêmes. Il ne faudra pas attendre des consignes improbables des appareils syndicaux nationaux pour mettre un coup d’arrêt à l’offensive du patronat. Ce sera tous ensemble, dans la rue et dans la grève, que nous pourrons imposer les mesures de sauvegarde du monde du travail : interdiction des licenciements et des suppressions de postes, partage du travail entre tous sans perte de salaire, augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux.

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