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CAP 2020, ça commence aujourd’hui

Un incendie dans l’usine d’un fournisseur tchèque la semaine dernière a perturbé la production à Renault Douai. Résultat : chômage technique à Douai… et à Renault Le Mans qui fournit aussi Douai. Suite au nouvel accord compétitivité, ces jours seront débités du Capital Temps Collectif, avec obligation de les rattraper par des samedis travaillés lorsque le CTC sera négatif. Entre flux tendu et accord de compétitivité, il est urgent d’imposer un changement de CAP !

Bonimenteurs de pied en CAP

Les syndicats signataires de l’accord Renault CAP 2020 s’offusquent qu’il soit appelé « accord de compétitivité » et se félicitent des avancées qu’ils auraient arrachées. Quitte à mettre sous le tapis les mesures qui fâchent : samedis travaillés obligatoires, overtime d’une heure par jour, augmentation de la charge de travail (hausse de 64 à 90 véhicules par an et par salarié en usine, +20 % de charge dans l’ingénierie), modulation du temps de travail, perte de 10 jours de congés de fin de carrière,…

Adieu RTT, bonjour Flexibilité

Ce n’est pas pour rien que dans le nouvel accord compétitivité, les jours de RTT (Réduction du Temps de Travail) issus de l’accord 35h de 1999 deviennent des « jours d’ajustement ». Ils pourront être imposés au niveau d’une UET en période de « basse activité » avec un délai de prévenance de 2 jours. L’accord prévoit même de les réduire à 5 par an au lieu de 10 si le temps de travail annuel est inférieur à 1603h (selon par exemple le nombre…

Langue de bois

Pour la presse économique, c’est clair : « Renault demande davantage de flexibilité à ses salariés » (La Tribune), « Le projet de Renault pour gagner en compétitivité » (Les Echos)… Mais la direction de Renault préfère parler de « Contrat d’activité pour une performance durable » ou d’« Accord pluri-annuel » plutôt que d’accord compétitivité. Plus c’est enrobé, plus ça cache quelque chose.

Décryptage

Quand la direction parle dans le nouvel accord compétitivité de « reconnaissance de la performance des salariés », il faut comprendre suppression des AGS (Augmentation Générale des Salaires). Quand elle annonce 3600 embauches, comprenez baisse des effectifs (Renault veut passer de 64 à 90 véhicules produits par salarié/an, à volume de production égale). Quand elle dit « régulation de l’activité », cela signifie samedis obligatoires et overtime (1h de plus par jour selon les besoins). « C’est la première fois que je négocie un accord…

L’anti-marché de Noël

Mardi 29 novembre, un rassemblement a eu lieu dans le hall de la Ruche à midi contre le nouvel accord compétitivité. En ces temps de marché de Noël, des initiatives affirmant que les salariés ne sont pas une marchandise, ça change !

Contre-révolution numérique

« Le digital » serait, d’après la direction, un « levier pour améliorer le cadre de travail ». Et de promettre d’équiper les usines en Wifi, afin d’y garantir un « droit à la connexion » et de permettre de « recevoir l’info du groupe et de l’usine » sur son smartphone. Comme si on ne recevait pas assez de sa propagande.

Si elle le dit !

Lors de la dernière séance de négociation, la direction a annoncé son intention de rendre les « processus RH efficients ». C’est qu’ils ne le sont pas. Pour une fois qu’on est d’accord avec elle !

Pas de contrainte, sauf pour les jalons

Le projet d’accord compétitivité comporte un « droit à la déconnexion ». En fait, la loi Travail oblige l’employer à négocier sur ce sujet. Mais le résultat n’est pas garanti. Selon ce projet, la « reconnaissance du droit de chacun à la déconnexion » doit être « source de performance pour l’entreprise », et non une « contrainte » qui « rigidifierait le système par l’édiction de règles trop strictes ». Ce serait alors au salarié de « savoir se…

Pour la compétitivité de nos salaires

Mardi 15 novembre, alors que se tenait à Boulogne une 6ème réunion sur l’accord compétitivité, une 2ème  journée de grève a eu lieu sur les sites Renault : 650 salariés ont débrayé à Flins, 110 à Lardy… Une mobilisation à amplifier le 29 novembre, lors de la 7ème réunion qui portera sur la politique salariale 

Le vrai-faux recul de la direction

Face au tollé suscité par son projet de samedis obligatoires, la direction de Renault en a présenté une nouvelle version, qualifiée de « concession ». C’est en fait le même système que chez PSA, qui se traduit par de nombreux samedis travaillés obligatoires. Dans les périodes de basse activité, la direction imposerait des jours non travaillés, ce qui se traduirait par un compteur CTC (Capital Temps Collectif) négatif. En période de haute activité, les salariés devraient alors « rembourser » ces jours de CTC…

Un jour sans fin

Autre « concession » : l’allongement de la journée de travail en période haute ne serait plus de 1h30 mais de… 1h15. C’est obligatoire si on est prévenu 48h à l’avance, et « au volontariat » si c’est le jour même. La direction annonce d’abord qu’elle va vous couper le bras, pour ensuite ne vous le couper « que » jusqu’au coude. Et ça s’appelle une « concession » !

Quand c’est flou, il y a un loup

Le contingent annuel d’heures supplémentaires passerait de 160 à 210h dans le nouvel accord de compétitivité. Ces heures seraient payées chaque mois « par principe », sauf si « localement » une autre disposition était adoptée permettant de les capitaliser. Bref, la direction fera ce qu’elle veut.

Ouvrons-la !

Dans le cadre de l’accord compétitivité, la direction promet d’instaurer un « dialogue sur la qualité de vie au travail ». Un serpent de mer depuis les cercles de qualité. A Renault Flins, des « ouvriers référents » ont été désignés pour faire remonter les problèmes et des idées d’amélioration du travail. Mais l’expérience a tourné court, la direction n’étant pas prête à tout entendre. Et l’augmentation de la charge de travail ne donne plus le temps d’avoir ces échanges. Moralité : il faudra prendre…

Non merci pour ce moment

Le nouvel accord de compétitivité comporterait aussi un volet « cadre de travail ». La direction promet d’améliorer la qualité des repas et de « faire du déjeuner un moment de détente ». En développant la restauration rapide comme au Technocentre ?

Premiers débrayages contre l’accord

Jeudi 27 octobre, des centaines de salariés de Cléon, Flins ou encore de Lardy ont débrayé contre les projets de modulation du temps de travail : périodes hautes et basses, overtime, samedis obligatoires… La direction promet de nouvelles propositions. La mobilisation va devoir passer en période haute !