Sur les cendres de Gaza, aucun peuple ne gagne

Alors que l’on compte 243 morts palestiniens et 12 israéliens après le conflit en Palestine, les applaudissements de la diplomatie internationale sont indécents. Ils le sont plus encore lorsque Macron se félicite du « rôle fondamental de l’Égypte » du dictateur Abdel Fattah al-Sissi. De Biden à Poutine, c’est un concert international de satisfaction sans que soit dénoncée la situation d’apartheid dont sont victimes les Palestiniens, sans que la politique coloniale de l’État d’Israël ne soit remise en cause. On devrait se contenter de phrases creuses comme celle de l’Union européenne qui appelle à « une solution durable et juste dans les plus brefs délais ». Après 70 ans d’une succession de conflits et d’annexions, les Palestiniens savent ce qu’il en est  des proclamations internationales, et des dirigeants israéliens et palestiniens.

Le cessez-le-feu a été l’occasion de manifestations de satisfaction, tant de Netanyahou, qui annonce avoir « épuisé les cibles militaires identifiées », que du Hamas qui dit ressentir « l’euphorie de la victoire ». Mais qui sort gagnant de cette confrontation ? Sûrement pas le peuple palestinien, ni à Gaza, ni en Cisjordanie, ni en Israël.

Les frappes « chirurgicales » de l’armée israélienne ont détruit 1 000 habitations et jusqu’à la plus grande librairie de Gaza. Le coût des dégâts s’ajoute à ceux du blocus (qui dure depuis 14 ans) et de la guerre de 2014. Le Hamas sort peut-être provisoirement renforcé sur un plan intérieur pour avoir montré qu’il pouvait, à coup de roquettes, faire pression sur Israël. Cependant sa politique a aussi mis au second plan la révolte en cours de la population arabe.

Une révolte contagieuse

Dans un contexte où l’armée intervenait régulièrement sur l’esplanade des Mosquées, expulsait des familles arabes au profit de colons juifs, où l’extrême droite suprémaciste juive défilait aux cris de « mort aux Arabes », la jeunesse palestinienne de Jérusalem-Est s’organisait. Ce mouvement contre le racisme anti-Arabe et la discrimination institutionnalisée avait déjà connu quelques victoires (ajournement des expulsions et interdiction d’une manifestation de l’extrême droite) et commençait à essaimer dans toute la Palestine.

C’est cette révolte, partie de Jérusalem Est et qui s’est étendue aux Palestiniens de Cisjordanie et d’Israël, et elle seule, qui pourrait attirer la sympathie de la population israélienne qui en a assez des guerres et de la politique d’austérité de son gouvernement.

La guerre déclenchée par les roquettes du Hamas a provisoirement pris le devant de la scène. Mais le mouvement est toujours en cours, en témoignent les nombreuses manifestations partout dans les territoires occupés ou en Israël, la grève des travailleurs arabes du mardi 18 mai en étant une des expressions.

Des droits nationaux pour les Palestiniens et pour les Juifs

Partout dans le monde, au moment des bombardements sur Gaza, des manifestations en soutien aux Palestiniens ont eu lieu. Les calomnies sur le caractère supposé antisémite des manifestants n’ont pas empêché l’expression de la solidarité internationale et les dénonciations de la politique coloniale de l’État d’Israël.

Aux États-Unis, le principal soutien financier de l’État israélien, des milliers de personnes, y compris des membres d’organisations juives, ont défilé pour que cesse l’agression contre Gaza. En France, plus de 30 000 personnes ont bravé les interdictions de manifester samedi 15 mai. Ils étaient encore des milliers le samedi suivant.

La lutte en cours contre l’apartheid et la politique d’Israël concerne tous les travailleurs, y compris juifs. Seule une égalité totale entre Israéliens et Palestiniens, ainsi que la reconnaissance des droits nationaux de ces derniers, permettront l’émergence d’une solution.

 

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