Pas de frontières entre les travailleurs

Branle-bas de combat, au niveau des institutions européennes et de l’ONU, en réponse au drame des 800 migrants morts la semaine dernière au large des côtes libyennes, lors du naufrage d’un cargo censé les amener vers l’Italie. En quelques mois, depuis janvier, ils ont été près de 2000 à trouver la mort en Méditerranée dans des conditions semblables. Réunion donc à Bruxelles, et ce lundi, le secrétaire général de l’ONU, le chef de la diplomatie européenne et le Premier ministre italien sont allés verser une larme au large de la Sicile.

Le bal des hypocrites

Facile, de montrer du doigt les mafias de passeurs, en escamotant au passage le fait essentiel que c’est la politique de l’Union Européenne qui rend possible leur rapacité vis-à-vis des migrants.

Ces personnalités qui parlent de nouveaux moyens pour prévenir de telles catastrophes ont elles-mêmes récemment exigé la suspension du plan de sauvetage, baptisé « Mare Nostrum » mis en place par l’Italie en 2013 à la suite d’un pareil drame. Selon ce beau monde, de telles mesures seraient autant d’encouragements à l’immigration clandestine. Ce ne sont pourtant pas davantage de migrants qui affluent vers l’Europe, ce sont davantage de migrants qui coulent en mer du fait des moindres moyens de sauvetage décidés par l’Union européenne !

Toujours plus de répression

C’est seulement de surveillance accrue des frontières qu’ils nous parlent : en clair de tout ce qui rendra les tentatives de migration vers l’Europe plus coûteuses et périlleuses. Pour venir s’y faire exploiter au profit du patronat !

Mais sur ce qui pousse des dizaines de milliers d’hommes, femmes et enfants à tenter d’atteindre l’Europe, motus et bouche cousue. Et pour cause, les dirigeants des nations impérialistes qui guerroient en Afrique ou au Moyen-Orient en sont les responsables. À commencer par la France dont l’armée veille en Afrique aux profits de Total ou d’Areva. Voilà les fauteurs de guerre et de misère.

Ce à quoi s’ajoute l’hypocrisie. Ainsi Hollande fait mine de déplorer le drame de la guerre en Syrie, mais la France n’a accueilli que 1 000 réfugiés syriens, tandis que les pays frontaliers de la Syrie – certains pourtant en pleine crise économique – en hébergent plus de trois millions.

« Beaucoup de morts… surtout chez les pauvres »

Ce week-end, une nouvelle catastrophe, un tremblement de terre cette fois, a fait des milliers de morts au Népal. Quel rapport ? Simplement que si un tremblement de terre est une catastrophe naturelle, ses conséquences ne le sont pas : elles aussi sont sociales et politiques.

Malgré les risques connus, aucune réelle mesure de prévention n’avait été prise. Et comme l’a déclaré un témoin à la presse : « C’est un tremblement de terre qui va faire beaucoup de morts… surtout chez les pauvres. Les constructions des nantis de la vallée ont résisté au choc ».

Une journée internationale de lutte

Le 1er mai se déroule cette année dans un contexte où la rapacité accrue des capitalistes contre les classes populaires explose en conséquences dramatiques. Partout les gouvernants avancent des programmes d’austérité qui engendrent la misère voire les guerres. Partout et même ici en France se multiplient les mesures répressives contre ceux qui s’y opposent, tandis que tous les grands partis qui gouvernent ou aspirent à le faire, du PS au FN en passant par l’UMP, rivalisent de xénophobie et voudraient faire passer pour des ennemis tous ceux qui viennent d’ailleurs (comme presque nous tous, à une époque ou à une autre !). Il s’agit pour eux de dresser des frontières entre les exploités.

À coup sûr les divisions entre nous, travailleurs, et notre manque à ce jour de perspectives de lutte commune, sont le principal atout de ceux qui nous exploitent. Il y a donc besoin de faire revivre pour ce Premier Mai et pour la période qui s’ouvre l’appel célèbre d’un certain Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

 

Éditorial des bulletins d’entreprise du 27 avril 2015

 

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