Nous sommes tous des salariés d’Air France !

manif_air_franceHollande et Valls ont bonne mine de prôner le « dialogue social », en commençant, ce lundi, par faire arrêter par la police, à leur domicile et au petit matin, quatre salariés, membres du personnel au sol d’Air France, et deux autres dans l’après-midi. Et de joindre leurs voix à la chorale des hypocrites dénonçant une « violence inacceptable » pour une paire de chemises déchirées… tout en trouvant très acceptable la violence de haut vol des dirigeants d’Air France qui suppriment 2 900 emplois.

Cela promet sur le contenu de ce prétendu dialogue, qui consiste à faire signer par certains dirigeants syndicaux des accords de soumission volontaire aux exigences du patronat. Dans les projets du gouvernement, il y a justement la multiplication des accords d’entreprise contournant le code du travail afin de niveler les droits par le bas.

Montrons que nous ne sommes pas dupes, et exprimons notre solidarité avec les inculpés d’Air France. Comme ces 300 salariés d’Air France qui se sont rassemblés dès lundi soir devant le siège de l’entreprise à Roissy pour soutenir leurs collègues, et dénoncer le deux poids deux mesures : ni Servier, responsable de centaines de morts à cause de son Mediator, ni les patrons de Total après la catastrophe d’AZF n’ont été cueillis au petit matin.

Les patrons d’Air France avaient cherché à diviser les salariés en accusant les pilotes qui refusaient une augmentation importante de leur nombre d’heures de vols sans aucune contrepartie. La manœuvre s’est retournée contre eux : tout le monde a vu la légitime colère des salariés d’Air France contre les projets de la direction.

La violence, c’est d’abord celle des patrons qui imposent des conditions de travail qui dégradent la santé et bousillent des vies, et qui enlèvent bien plus que leur chemise à des milliers de licenciés. Face à la véritable guerre de classes que mènent contre nous le patronat et le gouvernement, une véritable riposte du monde du travail s’impose. Pour que les possédants et les gouvernants aient peur de perdre bien plus que leur chemise.

 

Éditorial des bulletins d’entreprise du 12 octobre 2015

 

 

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