Ne confinons pas nos colères

À la télé, Macron a osé déclarer « qu’il n’y a pas eu l’explosion [de l’épidémie] qui était prévue par tous les modèles ». Quelle impudence ! C’est exactement le contraire qui s’est produit : les prévisions désastreuses des épidémiologistes se sont réalisées quasiment à l’unité près ! Avec ses 250 morts par jour, les invitations à vous faire vacciner alors qu’il est impossible à beaucoup de prendre un rendez-vous faute de vaccins, les tests salivaires promis dans les écoles et qu’on attend toujours dans la plupart d’entre elles… On n’en finirait pas de dresser la liste des mensonges du gouvernement et de ses supporters.

Des milliards pour licencier

Mais les raisons de la colère ne se limitent pas à la pandémie. L’État a distribué des centaines de milliards aux entreprises, pas pour maintenir les emplois mais, au contraire, se préparer à la reprise économique en étant le plus « compétitives » possible, autrement dit en licenciant, en réduisant les salaires et en aggravant les conditions de travail de ceux qui restent.

L’essentiel des 100 milliards du second plan de relance sont allés à des entreprises qui réduisent leurs effectifs : Renault, PSA, Airbus et ses sous-traitants comme Latécoère, Air France, Total, Carrefour, Auchan… Un vrai effet d’aubaine que ce Covid. Aucun secteur n’est épargné. C’est partout l’hémorragie chez les intérimaires, les CDD, qui s’ajoutent aux PSE ou aux plans de départs soi-disant volontaires pour les travailleurs en CDI.

Conditions de travail dégradées

Les directions de toutes les entreprises répètent comme des perroquets les mêmes « arguments » : « productivité », chasse aux « temps morts », « réorganisation ».

À la SNCF, les conditions de travail continuent de se dégrader et les raisons qui avaient mis les cheminots en grève à l’hiver 2019 pèsent toujours. À la Poste, cela fait des années que la direction réorganise les services, créant pour les postiers des situations difficiles à tenir pour les moins jeunes tant la charge de travail est alourdie.

Dans les hôpitaux, la pandémie a pris la suite de la lutte des hospitaliers pour faire connaître la situation dramatique de la plupart des services. Mais, contrairement aux promesses, le gouvernement a continué à supprimer des lits, les salaires des soignants sont toujours loin d’atteindre la moyenne européenne et la pression ne fait qu’augmenter, provoquant burnouts et démissions.

Dans l’Éducation nationale, la crise a montré la nécessité d’une embauche massive d’enseignants, de personnel pour encadrer les activités des jeunes, de locaux. Mais au contraire, des postes sont supprimés dans les lycées et collèges. Le ministre a même osé « rendre » 200 millions d’euros à Bercy sur le budget 2020. Quant aux étudiants, on découvre la misère dans laquelle vivent certains, ce dont la ministre de l’Enseignement supérieur se moque, tentant de faire diversion contre de prétendus islamo-gauchistes.

Pour couronner le tout, le gouvernement veut réactiver la réforme de l’assurance-chômage qui fera baisser de près de 20 % les allocations de plus d’un million de chômeurs. Et, pour faire bonne mesure, le gouvernement veut remettre ça sur la réforme des retraites.

Une riposte du monde du travail

Mais ça commence à renâcler. Des débrayages dans le secteur pharmaceutique, à la Poste, à la SNCF dans le Nord. Des mobilisations contre les licenciements dans l’automobile. Des profs qui décident à nouveau de prendre en main eux-mêmes le respect de conditions sanitaires qui sont le cadet des soucis du ministère. Des luttes aussi – il y a peu à Total Grandpuits, chez le voyagiste TUI, en ce moment même chez les livreurs Uber et autres Deliveroo, chez les intermittents du spectacle…

Signes annonciateurs d’une mobilisation plus générale ? Difficile de le dire aujourd’hui. En tout cas, l’action de tous ceux qui pensent indispensable et urgente une intervention du monde du travail fera tout pour y contribuer.

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