La loi Gattaz passe à l’Assemblée… Mais la balle est toujours dans notre camp

Loi_Travail_AN_2À l’Assemblée nationale, depuis le mardi 3 mai, on discute de la loi Travail et de ses 5 000 amendements. D’un côté, la droite est embarrassée à l’occasion de cette loi dont même Sarkozy n’avait pas osé rêver. De l’autre, quelques frondeurs du PS tentent de ménager leur avenir politique (et électoral) en ne se mouillant pas trop derrière un gouvernement détesté. Mais derrière le théâtre parlementaire se tiennent les vrais dirigeants. Cette loi, ce sont les grandes entreprises et le Medef de Gattaz qui l’ont dictée au gouvernement.

49-3 ? Pas 49-3 ?

L’épisode parlementaire sera peut-être de courte durée si le gouvernement utilisait l’article 49-3 de la Constitution pour imposer le projet de loi, comme l’envisagent Manuel Valls et François Hollande. Mais 49-3 ou pas, cela ne changerait pas grand-chose pour les travailleurs.

En 2006, Chirac avait bien dû remballer son Contrat Première Embauche (CPE) devant la mobilisation de la jeunesse et des salariés, après avoir utilisé le 49-3 pour l’imposer et après même avoir promulgué la loi.

« La vraie démocratie, elle est ici » ont souvent scandé les jeunes dans les nombreuses manifestations contre la loi Travail qui se tiennent depuis plus de deux mois. Oui, quand le monde du travail, quand la jeunesse se mêlent des affaires qui les concernent en descendant dans la rue, en faisant grève, en s’organisant, en étudiant les mauvais coups que les gouvernements et patrons nous préparent et en réfléchissant à comment y répondre, c’est infiniment plus démocratique.

Bien mieux que de laisser notre sort à nos prétendus représentants que nous aurions élus il y a quatre ans parmi les différents candidats à gérer les affaires de la bourgeoisie. La « démocratie » des gouvernants a sacrément l’odeur des gaz lacrymogènes et le goût des matraques et de la répression. La violence et les casseurs, il faut les rechercher du côté des puissants : du côté du Medef et de son gouvernement.

Comment gagner ?

Bien sûr, pour en finir avec cette loi anti-travailleurs, la mobilisation devrait monter d’un cran. Au-delà de journées d’action espacées, il faudrait que de larges secteurs du monde du travail entrent en grève, pour menacer les affaires des patrons du Medef et les toucher au portefeuille.

Ce mardi 10 mai, les cheminots sont à nouveau dans les rues de Paris pour manifester contre les attaques du gouvernement et de leur direction (le Décret socle, c’est un peu leur loi Travail). Mais après les grèves de 24 heures du 9 mars, du 31 mars, du 26 avril, beaucoup d’entre eux disent qu’il serait vraiment temps de passer à la vitesse supérieure et qu’il ne suffira pas d’accumuler des journées de grève espacées. Sauf que leurs directions syndicales font la sourde oreille.

Les routiers sont appelés, par leurs syndicats CGT et FO, à une grève illimitée à partir du 16 mai. Des manifestations sont prévues ce jeudi 12 mai par les organisations syndicales.

Oui, il faut continuer à se mobiliser contre la loi Travail, saisir toutes les occasions de se faire entendre, et préparer la suite.

En mai, lutte comme il te plaît

C’est en luttant tous ensemble, en joignant les mobilisations de tous les secteurs, du public et du privé, de la jeunesse et des travailleurs, que l’on pourrait construire une force suffisante. C’est en nous organisant à la base et en nous coordonnant que nous pouvons gagner. Les étudiants qui ont cherché le contact avec les salariés ont bien raison.

Les Nuit debout qui se sont développées dans de nombreuses villes du pays, y compris certaines petites, ont le mérite de maintenir vive, soir après soir depuis le 31 mars, la contestation. Mais elles permettent aussi de regrouper ceux qui ont envie de faire remballer la loi Travail au gouvernement, et pourraient servir de cadre pour préparer le combat. L’indispensable convergence des luttes est à notre portée.

 

Éditorial des bulletins d’entreprise du 9 mai 2016

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