L’insécurité est d’abord sociale

Sur fond de campagne pour les Régionales dont le premier tour aura lieu le dimanche 20 juin, Macron est parti à la rencontre de la population, pour un « tour de France ». Il a surtout entendu la colère des classes populaires, Gilets jaunes ou retraités, une colère qu’il craint au point de remballer jusqu’à 2022 sa réforme des retraites : un sujet « inflammable » qui risquerait de « remettre des millions de Français dans la rue » lui aurait conseillé son entourage.

Une sécurité à visée électorale

En fait Macron, comme la droite et l’extrême droite, se sert des régionales comme d’un tremplin pour la présidentielle de 2022. Tous ont enfourché le thème de la « sécurité » : davantage de policiers, davantage de répression, davantage de prisons, c’est la société qu’on voudrait ? Jusqu’au PCF, qui lui aussi déclare que la sécurité est sa priorité. Pour Macron, quasiment chaque fait divers a servi de prétexte pour ajouter un étage au millefeuille des lois sécuritaires : loi de Sécurité globale, loi Séparatisme… Toutes à visée électorale et faisant assaut de démagogie xénophobe et raciste.

En fait, les violences en général n’ont pas augmenté, si ce n’est du côté de celles faites aux femmes, dont les meurtres par leurs conjoints ou ex-conjoints. Mais on a compris que cette question n’était pas leur priorité.

Et la violence sociale ?

Si un sentiment d’insécurité existe, c’est celui du million de personnes supplémentaires qui sont passées sous le seuil de pauvreté. Celui des centaines de milliers qui ont perdu leur emploi. Celui de l’ensemble des travailleurs dont les revenus ont chuté et dont les conditions de travail et de vie sont devenues plus dures.

Et le patronat a profité du Covid pour en rajouter. Le fléau touche particulièrement les jeunes, qui craignent pour leur avenir. Au total, un million des moins de 30 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Les 18-24 ans sont exclus des minima sociaux et ont eu toutes les difficultés à trouver des revenus durant la crise sanitaire, qu’il s’agisse de jobs étudiants ou d’un véritable emploi.

L’insécurité est en fait sociale. C’est le pouvoir exorbitant des richissimes sur les plus pauvres. D’un côté les profits record du CAC 40, de l’autre la pauvreté grandissante. D’un côté des milliardaires français qui ont vu leur fortune augmenter de 40 %, de l’autre huit millions de personnes dépendantes de l’aide alimentaire, entre mars 2020 et mars 2021.

Ce que défendent les grands partis de gauche comme de droite ou d’extrême droite, au pouvoir comme dans l’opposition, ou au mieux ce à quoi ils n’osent pas s’attaquer, c’est au fond cette violence sociale qui consiste à faire payer la crise aux classes populaires.

De l’air, changeons d’ère

Lutter pour plus de sécurité, oui. Mais d’abord la sécurité de l’emploi, des salaires, des indemnités de chômage, des retraites. La qualité des services publics de santé, d’éducation, de transport. L’accès au logement. L’accès aux études et à des bourses pour nos enfants. Et tant d’autres choses qui nous font défaut.

Comment les imposer ? Certainement pas par des élections, régionales ou présidentielle, où même les prétendus partis de gauche s’alignent sur les thèmes réactionnaires et nationalistes de leurs rivaux de droite en nous mettant en garde contre les migrants et les étrangers, en nous faisant croire que nous serions économiquement protégés par des frontières.

Notre seule force, au contraire, ce sont nos luttes et les alliés que nous pouvons trouver, pour leur succès, en dehors de ces barrières artificielles que sont les frontières nationales, parmi les millions de travailleurs et de jeunes qui se battent farouchement dans le monde entier, de la Colombie à l’Algérie, de la Palestine au Pérou…

Pour affirmer cela, nous pouvons voter à ces élections régionales pour les listes Lutte ouvrière, qui portent les intérêts de travailleurs et affirment clairement des perspectives révolutionnaires. À l’opposé des discours réactionnaires secrétés en haut lieu qui empoisonnent actuellement l’atmosphère politique.

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