L’étincelle du 30 mars 2021

« On n’est pas du bétail »

Jeudi 18 mars, 450 salariés ont débrayé et se sont rassemblés devant les Centres Techniques Renault de Lardy et d’Aubevoye pour protester contre l’externalisation d’une trentaine de salariés de la maintenance des bancs d’essai. C’est 15 fois plus que les salariés directement visés. Par-delà la solidarité, chacun sent que cette externalisation n’est qu’une première charrette. Plusieurs salariés ont exprimé leur refus d’être traités comme du bétail. Gare aux coups de sabots.

Deuxième round

Un débrayage est prévu aujourd’hui, mardi 30 mars à 10h, au Technocentre, à Aubevoye, Lardy et VSF. Il s’agit d’empêcher l’externalisation de la maintenance des bancs d’essai, mais aussi toutes les suppressions de postes parmi les salariés Renault et les prestataires. Le démantèlement touche toute l’ingénierie et le tertiaire. Soyons nombreux !

Tests et Sévices

La DEA-T (Direction Tests et Services) veut suppri-mer 297 postes en 2021 : 95 au TCR, 64 à Aubevoye, 23 à VSF et 94 à Lardy. Un vrai plan social déguisé.

Maintenance ou jamais

La direction a confirmé la semaine dernière son intention d’externaliser la maintenance des bancs d’essai. Le patron de l’ingénierie Renault, Gilles Le Borgne, avait fait exactement la même chose à PSA en 2015 en vendant le service à P2M, la même société à laquelle seraient transférés 27 salariés de la DEA-TM. Mais c’est une grande partie de l’ingénierie et du tertiaire Renault qui risque d’être vendue à la découpe : externalisée, délocalisée… C’est maintenant ou jamais qu’il faut dire non.

Pauvre comme Job dating

Malgré les pressions, la RCC (Rupture Conventionnelle Collective) ne fait pas recette. Il n’y aurait qu’environ 300 candidats au départ, loin de l’objectif des 1900. Ce mardi, un nouveau Job dating est organisé au TCR, avec 7 offres d’embauches d’ingénieurs à la RATP. Et pas grand-chose d’autre.

Les travailleurs du flex

Les salariés travaillant aux connecteurs 5A/5B à la Ruche peuvent goûter depuis 15 jours à la joie des bureaux partagés, ou « bureaux-flex ». Désormais, plus question d’aménager à son goût son espace de travail pour se sentir un peu à l’aise. Place à l’efficacité et à l’anonymat. Mais qu’on se rassure : Gilles Le Borgne en visite a encore trouvé à dire qu’il trouvait l’ensemble « luxueux » en termes de mobilier. Ça promet pour la seconde tranche du Re-TCR qui va passer aussi en bureaux-flex.

Virus partagé

En pleine pandémie, la direction des établissements d’Ile-de-France instaure le travail en bureaux partagés. C’est bien connu, partager son bureau est le meilleur moyen de ne pas transmettre ses virus.

Du flex au fixe

Le flex office, ou bureaux partagés, pose déjà des problèmes à la Ruche. Les salariés qui ont besoin d’un ordinateur CAO doivent réserver certains postes de travail avec des stickers pour éviter de se retrouver déconnectés lorsqu’ils travaillent à distance. Il ne reste plus qu’à généraliser le système.

Tout est à vendre

Renault a annoncé le 11 mars mettre en vente huit nouveaux établissements de sa filiale Renault Retail Group (RRG) : Lille (4 sites), Valenciennes (5), Douai (1), Nantes (2), Rennes (2), Toulon (2), La Seyne-sur-Mer et la Factory Véhicules d’Occasion (VO) de Seclin, ouverte il y a deux ans, dont le reconditionnement des VO est transféré à Flins. 1200 salariés sont concernés. Intégrées dans le plan Renaulution, ces ventes visent à rapporter du Cash

En 2020, Renault avait déjà vendu 10 établissements (1600 salariés sur 8500) et le siège de RRG à Paris. Sauf que les 3 concessions de Toulouse et le site de Montpellier n’ont toujours pas trouvé repreneur.

Fonderie de Bretagne, SCI du Technocentre, réseau commercial et après-vente… Si on laisse faire, Renault va tout liquider. Après Meo, le déluge.

Le 8, on dé-Boulogne

Vente des Fonderies de Bretagne, gel des salaires, suppressions de postes, externalisations… Jeudi 8 avril, la CGT Renault appelle à un rassemblement devant le siège de Renault à Boulogne pour protester contre la casse sociale en cours, et tenter de l’arrêter. Alors tous à Billancourt, bille en tête !

Hispanique à bord

De Meo, Senard et De Los Mozos ont annoncé leur plan industriel pour l’Espagne en présence du chef du gouvernement, Pedro Sanchez, et du roi d’Espagne, Felipe VI. De quoi fournir du travail aux sites de Palencia, Valladolid et Séville. Mais si Luca De Meo a eu en récompense la Grande Croix de l’Ordre d’Isabelle la Catholique, pour les 14 000 salariés Renault, ce sera la croix et la bannière : 3 jours de travail en plus par an, plus de flexibilité et un gel des salaires en 2021 et 2022. Renault a bien promis un CDI à une partie des 3500 intérimaires, du moins à ceux qui supporteront l’augmentation des cadences. Il y a deux problèmes sous le capitalisme : avoir du travail et ne pas en avoir.

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