l’étincelle du 3 décembre 2019

Réforme des retraites :

Ça sent la mise aux poings

Macron et ses ministres s’agitent en tous sens, pour éviter la propagation de l’incendie après la grève du 5 décembre. Alors le gouvernement sort ses éternels refrains : les grévistes seraient des « privilégiés », qui se battraient pour « conserver les inégalités ». De la part de ce président des riches et de ses ministres millionnaires, dont la politique ne cesse d’accroitre les inégalités, c’est culotté. Cela donne des raisons supplémentaires de se retrouver tous ensemble ce jeudi en grève et dans la rue.

De l’exaspération à la coagulation

Depuis quelques temps, les signes d’exaspération se multiplient : révolte des Gilets jaunes, grèves dans les hôpitaux publics depuis neuf mois, grève des enseignants en juin, grèves « surprise » à la RATP et à la SNCF en septembre-octobre, manifestation des pompiers, grèves et manifestations des étudiants contre la précarité en novembre, grève à Radio France… À ces mouvements, le gouvernement n’a répondu que par le mépris, quand ce n’était pas par la répression pure et simple.

« Puisqu’il en est ainsi, nous coagulerons ! » C’est ainsi que le Collectif inter-urgences, initiateur des grèves hospitalières, a intitulé son appel à se joindre au 5 décembre, en réponse au énième « plan » de Macron et de sa ministre Agnès Buzyn pour « sauver » l’hôpital public. En guise de sauvetage, le gouvernement, en effet, ne propose rien d’autre que de poursuivre sa politique d’économies budgétaires, tout juste maquillée par quelques primes pour certaines catégories de personnels. De quoi s’énerver et « coaguler » !

Tous concernés, tous mobilisés

Cette réforme des retraites touchera tous les salariés du privé et du public. Avec son système par points, le gouvernement voudrait pouvoir bloquer ou baisser les pensions de retraite quand il veut, comme il vient de le faire avec les allocations chômage.

Le gouvernement, qui anticipe le succès de la grève du 5, espère tenir en laissant s’épuiser le mouvement. Sans parler de ses explications embrouillées et contradictoires sur les retraites : « réformer, moins réformer, plus tard mais maintenant, en étant compréhensif mais ferme… » Autant d’entourloupes pour nous faire travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles.

Il faut se saisir du 5 décembre en faisant grève et en manifestant dans la rue. L’heure n’est plus à la grève par délégation, mais au tous ensemble. À nous de faire en sorte que ce mouvement soit assez massif pour qu’il gagne.

Ce n’est qu’un début…

Le 5 décembre n’est qu’un début. D’ores et déjà, la grève s’annonce comme illimitée dans certains secteurs (RATP, SNCF… sans parler des services hospitaliers où la grève dure depuis des mois). Sans attendre le feu vert des directions syndicales, réalisons nous-mêmes l’unité combative du monde du travail, en poursuivant le mouvement partout où c’est possible et en nous coordonnant à la base.

En défendant nos retraites, défendons aussi nos salaires, nos conditions de travail et de vie. Nous n’en pouvons plus de cette politique du gouvernement qui sert principalement ces ultra-riches, ces « premiers de cordée » comme dit Macron, qui touchent des milliards d’exonérations fiscales et des centaines de milliards de profits.

Quand on voit Bernard Arnault, riche de près de 100 milliards d’euros, s’offrir le joaillier américain Tiffany pour 15 milliards, on se dit que, décidément, il y a de l’argent pour nos retraites et nos salaires, pour les hôpitaux et les transports publics. Alors c’est le moment de dire « Stop ! ». Et de passer à la contre-offensive.

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