L’étincelle du 27 avril 2021

« Pas assez cher, mon fils »

Les ventes de Renault baissent mais pas d’inquié-tude : les prix augmentent pour compenser. C’est « l’impact positif de l’orientation vers la profitabi-lité » se congratule De Meo. Dans son dernier ChatWithLuca, le DG de Renault a été plus cru : « on a besoin de faire de l’argent. Alors on va vers les gens qui ont de l’argent. » Les plus pauvres n’auront qu’à s’endetter avec des micro-crédits. C’est ce que la direction de Renault nomme la « responsabilité sociétale » pour « une société plus inclusive ».

Il faut savoir raison garder

JD Senard a dévoilé la nouvelle « raison d’être » de Renault, cette « étoile polaire, ce futur désirable où convergent toutes les énergies, qui ne s’additionnent pas mais se multiplient ». Le président de Renault, en pleine envolée lyrique lors de l’AG des actionnaires, veut faire « battre le cœur de l’innovation pour que la mobilité nous rapproche les uns des autres ». Drôle de façon de rapprocher les salariés que de les externaliser et de délocaliser à tout va. Un des « piliers » de cette raison d’être serait « l’insertion par l’emploi ». La preuve : Renault en supprime 15 000 dans le monde.

ChicheWithLuca

Le plan d’économie de 2 milliards d’euros sera atteint avec un an d’avance. De Meo exulte et demande 1 milliard de plus. « On va aller chercher chaque euro qui n’est pas nécessaire » a-t-il lancé dans son ChatWithLuca alors qu’il va gagner plus de 6 millions d’euros en 2021. Ça fait bien 6 de trop.

Chacun dans sa zone

Clotilde Delbos, la directrice financière du groupe, claironne qu’en termes de liquidités Renault est dans sa « zone de confort », et même au-dessus. Ça va rassurer les salariés dont le poste est supprimé.

Know future

Luca De Meo promet de former 10 000 ingénieurs d’ici 2025 dans la « Re-Know University ». Pourquoi ne pas commencer à former tous les salariés, dont de nombreux techniciens, dont les postes sont classés « gris » et qui sont poussés vers la sortie ?

Les chasseurs dépriment

Les grands directeurs multiplient les euphémismes pour cacher leur déception face aux faibles résultats de la RCC (Rupture Conventionnelle Collective) : « timides », « en-dessous des objectifs »… C’est vrai qu’avec 15 adhésions à Lardy, dont 10 départs en retraite, la RCC ne fait pas recette. Cela risque de faire un peu comme les primes de ces directeurs revues à la baisse s’ils n’atteignent pas leurs KPI (Key Performance Indicator ou Indicateur clé de performance) de suppressions de postes.

 Staffylocoque

Lors du All Staff Meeting du 8 avril, Gilles Le Borgne a voulu échanger « sans filtre et en direct » sur Teams avec les 15 000 salariés de l’ingénierie Renault dans le monde. Après les politesses introductives selon lesquelles « l’ingénierie est le cœur d’une boîte automobile », le directeur de l’Ingénierie     a multiplié les annonces en sens inverse : réduction des coûts, diminution des effectifs (« il faut qu’on maigrisse un peu ») et promesses d’externalisation qui ont provoqué un malaise chez un salarié de la maintenance de Lardy. La prochaine fois, on changera de chaine.

Calvo pas le déplacement

Jeudi 15 avril, Sabine Calvo s’est déplacée à Lardy pour vendre son projet d’externalisation de la maintenance des moyens d’essai. 150 salariés étaient là pour l’accueillir. Visiblement pas à l’aise, la directrice de la DEA-T a refusé de rencontrer 4 d’entre eux. Elle ne voulait parler qu’aux représentants syndicaux, et encore pas à tous, à qui elle a reproché de créer de l’anxiété chez les salariés. Comme si ce n’étaient pas son projet d’externalisation qui créait de l’anxiété.

Remède à la dépression

Le « baromètre flash mensuel » est censé repérer les salariés en situation de risque psychosocial à cause de la « transformation des compétences ». Entre autres questions posées à chaque salarié : « vous sentez-vous à bout de force », « émotionnellement épuisé » ou encore « inquiet de perdre votre emploi » ? Les facteurs de risque sont pourtant iden-tifiés, qu’il suffirait d’éliminer : 2500 suppressions de postes en Ingénierie/Tertiaire et des messages sur le thème « qui peut savoir s’il aura encore un travail dans 5 ans ? » martelés par la direction. Il manque à ce baromètre des questions essentielles : « vous sentez-vous en colère » ou « êtes-vous prêts à vous mobiliser pour défendre votre emploi » ?

Des emplois qui fondent à vue d’œil

Les liquidations judiciaires se poursuivent dans les fonderies. Après Sam à Decazeville et MBF à Saint-Claude, c’est au tour de FVM à Villiers-la-Montagne qui risque de laisser 150 salariés sur le carreau. FVM, dont le principal donneur d’ordre est Renault, a subi depuis des années, comme d’autres fonderies, des reprises par des patrons voyous, avec la bénédiction du gouvernement, de PSA/Stellantis et de Renault. Ceux-ci veulent maintenant créer un fonds de 50 millions d’euros pour « accompagner les transitions ». Il s’agit surtout d’éviter une explosion sociale qu’ils auront bien méritée.

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