Les échos de l’étincelle

Conseil de discipline

Thierry Bolloré a été débarqué par le Conseil d’Administration de Renault, c’est-à-dire par ceux qui l’avaient élu Directeur Général de Renault en janvier 2019 après l’arrestation de Ghosn. L’éviction a été votée sans plan de rechange : ni remplaçant, ni stratégie… Un conseil décidément composé de grands visionnaires.

Quand la finance dirige le monde

La directrice financière de Renault, Clotilde Delbos, a été nommée Directrice Générale à la place de Bolloré. Tout un symbole. C’est vrai que Renault est déjà piloté comme une banque et une machine à cash.

Un transparent très éloigné

La nouvelle Directrice Générale par intérim de Renault en appelle à une nécessaire « transparence et exemplarité » au sein de l’entreprise. Mais cela n’a pas empêché Delbos, entourée de ses adjoints De Los Mozos et Murguet, de refuser de répondre sur les raisons de l’éviction de Thierry Bolloré lors du « We are live » de la semaine dernière. La transparence, ça commence mal.

Marge d’erreur

Rompant avec la méthode Coué de Bolloré, la nouvelle direction de Renault a révisé ses prévisions pour 2019 : baisse du chiffre d’affaire de 3 à 4 %, marge opérationnelle de 5 % au lieu de 6, Free Cash Flow (flux de trésorerie disponible) négatif… Un « profit warning » qui a valu une baisse de 11,5 % de l’action Renault. 5 % de marge, ce n’est pas assez pour ces actionnaires qui spéculent sur les actions Renault et dictent leur loi aux entreprises. Il n’y a pas moyen de se passer d’eux !

Pelatachement

Renault est en pleine crise de gouvernance et Pelata se frotte les mains sur BFM. Certains salariés voient dans l’ex-bras droit de Ghosn, débarqué en 2011 lors de l’affaire des faux espions, l’homme providentiel. Mais Renault a-t-il besoin d’un nouveau prophète ? Pendant que les hautes sphères de Renault règlent leurs comptes, les salariés font tourner la boutique…

Fast-food

Fast, le programme de transformation de Renault annoncé en février par Bolloré, va-t-il partir avec lui ? Fast doit « gagner en vitesse, briser les silos et simplifier les process » grâce à la méthode Agile. Ça ne crève pas les yeux. Fast a été conçu avec un cabinet de conseil extérieur, Boston Consulting Group, payé des dizaines de millions d’euros par an. Un potentiel d’économies. Les meilleurs experts de leur travail, ce sont les salariés.

Nomade’s land

L’Agile selon Renault pourrait bien se décliner en mode nomade. Sur certains plateaux projets qui passeront en mode Agile, les postes de travail ne seraient plus attribués. Premiers arrivés, premiers servis : de quoi entretenir l’esprit d’équipe.

Agile sous-le-vent

Avec le passage des projets en mode Agile, beaucoup de prestataires qui sont au cœur des projets (PPC, PFE, LI…) vont se retrouver sur les mêmes plateaux et dans les mêmes réunions que les salariés Renault. Gare au délit de marchandage ! Car un prestataire ne doit pas avoir de lien de subordination avec son « client ». Du coup, Renault a mandaté un cabinet d’avocat pour évaluer les risques juridiques et trouver la parade. La meilleure parade, c’est d’embaucher les prestataires qui le souhaitent.

Softage d’urgence

12000 nouvelles Zoé produites avec un mauvais soft doivent être reprogrammées. Le bon soft n’a pas été livré à l’heure à cause de délais de développement trop courts, mais Renault a décidé quand-même de produire les véhicules. Ça, c’est de l’Agile !

Boat-people@renault

Talent@renault est en train d’être remplacé par people@renault, une application qui gérera toutes les fonctions administratives : annuaire, entretiens individuels, données personnelles, rémunération… En attendant, people@renault ressemble plutôt à une usine à gaz pleine de bugs. Encore une application développée avec la méthode Agile ?!

Clio et des bas

En septembre 2019, les ventes de Renault en Europe, boostés par la Clio 5, ont grimpé de 30,8 % par rapport à 2018, et celle de Dacia de 22,8 %. La part de marché du Diesel a même remonté ! Le marché automobile fait du yoyo. De quoi donner mal au cœur si on a le regard trop fixé sur lui.

De l’autre côté du détroit ça bosse fort

Suite au lancement de l’offensive turque contre les Kurdes en Syrie, Macron a annoncé la suspension des ventes d’armes françaises à la Turquie… mais pas des relations commerciales. L’usine Renault de Bursa, située de l’autre côté du Bosphore, tourne à plein régime avec 3 équipes 6 jours sur 7. Renault a même décidé d’y délocaliser totalement la Clio, posant la question de l’avenir de Flins où elle était encore produite et où la production ne cesse de baisser (400 000 véhicules assemblés en 2000, contre 196 000 en 2018). A Bursa, Renault compte sur la poigne d’Erdogan pour assurer ses profits. Et aucun gouvernement français pour s’en émouvoir.

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