l’étincelle du 20 octobre 2020

Suppressions d’emplois : RCC-le-feu

Renault mise sur une Rupture Conventionnelle Collective (RCC) pour réduire les effectifs, comme l’a fait PSA qui est désormais le modèle. Avec bien sûr que des départs volontaires. Même si les salariés qui ont la malchance d’avoir des compétences « en décroissance » risquent d’être incités à aller voir ailleurs, tandis que ceux dont les compétences sont « à renforcer » pourraient être exclus du dispositif. Mais promis, cela n’a rien à voir avec un plan social.

Une évolution très théorique

« Préparer les évolutions du monde de l’automobile ». C’est ce que les managers sont chargés d’expliquer à leurs équipes pour leur faire avaler les annonces de la direction centrale lors des réunions dites de « négociation sur la transformation des compétences techniques et tertiaires ». Il y a une chose qui n’évolue pas dans le monde de l’automobile, ce sont les bobards servant à justifier les restructurations et les suppressions d’emplois.

Plus ça rate, plus il y a de chance que ça marche

Pour supprimer 2500 postes dans l’Ingénierie et le tertiaire, les grands stratèges de Renault ont divisé les salariés en trois catégories selon leurs compétences « en décroissance », « stable » ou « à renforcer ». Un système qui rappelle l’accord compétitivité de 2013 qui devait recentrer l’Ingénierie et le Tertiaire sur son « cœur de métier », en définissant des métiers « sensibles » et « critiques ». Résultat : une grosse désorganisation du travail et 2000 emplois supprimés en Ingénierie sans que cela débouche sur « une base R&D tertiaire en France performante, solide et durable » comme annoncé à l’époque.

Dispense d’a(ttra)ctivité

Dans le cadre des suppressions d’emplois, Renault renouvelle les Dispenses d’Activité, mais juste pour quelques mois en 2021 et avec des conditions dégradées. Les DA ne seraient plus payées 75 % du salaire comme à l’origine, mais 69 %. Beaucoup de salariés les plus âgés ont de quoi être démotivés par la tournure que prend l’entreprise. Ça ne veut pas dire être prêts à accepter n’importe quoi pour partir.

Fermez le banc

Les bancs HIL (Hardware In the Loop) ne seront pas délocalisés en Roumanie… mais en Inde. Les roumains étaient surement encore trop payés. Voilà pourquoi la fonction « spécialiste essai » est classée comme « compétence en décroissance », et comment les nombreux prestataires, qui font tourner ces bancs au RDC de la Ruche entre les connecteurs 7 et 9, sont récompensés. Quand la direction veut fermer le ban, ça donne envie de l’ouvrir…

Découvre-chef

La fusion des UET (Unités Elémentaires de Travail) est de retour. Elle doit permettre de réduire le nombre de chefs d’UET, jugés trop nombreux par la direction, et pousser dehors ceux qui sont en doublon dans les nouvelles structures. Voilà comment elle remercie les chefs qu’elle charge de relayer fidèlement sa politique tous les jours sur le terrain.

Mercauto

Alors que les caisses de Renault seraient vides, ses chasseurs de têtes multiplient les opérations de débauchage de directeurs chez la concurrence. Après De Meo (Seat) et Le Borgne (PSA), les nouveaux transfuges s’appellent Vidal ou Belloni (PSA), Mesonero-Romanos ou Stein (Seat), ou encore Biondo (Toyota). Pour ce type de transfert, Renault n’a visiblement pas de problème de trésorerie.

Auto, boulot, dodo

À peine le gouvernement avait-il annoncé la mise en place d’un couvre-feu interdisant tout déplacement entre 21h et 6h du matin, que Renault annonçait aux salariés que des dérogations seraient disponibles dès lundi. Et en cas de fermeture le soir des bars ou restaurants, les salariés en déplacement pourront travailler tard sans faire monter leurs notes de frais.

Cluster de gloire

 « Contrairement à d’autres entreprises, Il n’y a pas, à ce jour, de cluster Covid chez Renault » se félicite la com’ interne. On est prié de la croire puisqu’elle ne publie pas le nombre de cas de Covid recensés. On en observe pourtant de plus en plus dans les secteurs. C’est comme les cas-contact : ça n’existe pas à Renault car tout le monde porte un masque…

Un sondage à 3000 €

Grosse pression pour répondre au questionnaire sur l’entretien professionnel dont personne n’avait jamais entendu parler. La direction mise sur ce sondage pour ne pas verser une pénalité de 3000 € sur chaque Compte Personnel de Formation (CPF). Du coup, elle mélange entretien professionnel et entretien annuel d’évaluation, et un bilan obligatoire tous les 6 ans avec les 4 cases à cocher du sondage…

Des invisibles en grève

Aux usines PSA de Sochaux et Mulhouse, les ouvriers de STPI, une filiale de Veolia spécialisée dans le nettoyage industriel, sont en grève depuis mercredi 14 octobre. Ils réclament une augmentation de salaire de 300 euros et un treizième mois pour tous, alors qu’ils enchainent les samedis travaillés et que leurs conditions de travail se dégradent. Veolia a trouvé 3,4 milliards d’euros pour racheter à Engie les parts qu’il détenait dans Suez. Il peut bien augmenter les salaires de ses employés.

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