L’étincelle du 16 février 2021

Big Renault is watching you

Après l’auto-évaluation, la DRH modifie à nouveau son système d’évaluation de la performance, avec pour objectif « un alignement fort de l’ensemble des salariés » sur le plan d’économie Renaulution. L’évaluation de la maîtrise du poste fait place à celle des « comportements professionnels ». A l’aide d’une « grille descriptive », les chefs devront évaluer si « nous aimons nos clients », « disons la vérité », ou « grandissons ensemble ». Une usine à gaz qui doit permettre de fliquer et de formater davantage les esprits. En 2021, Renault confine aussi les comportements.

PARS21

Renault mise sur le dispositif CAR21 pour mettre en œuvre la transformation des compétences. Mais quand on prend contact pour des mobilités internes avec Sémaphore, la société qui pilote CAR21, on comprend vite qu’elle n’est pas là pour ça. Ce sémaphore est surtout chargé de guider les salariés vers la sortie.

L’RH a sonné

Au téléphone ou par mail, les RH traquent les « volontaires » au départ. Reconversion, dispense d’activité, rupture conventionnelle… : tout est bon pour dégraisser. Avec des résultats mitigés pour l’instant. Moins de 200 salariés se sont inscrits dans ces dispositifs, très loin des 2500 postes à supprimer dans l’Ingénierie/Tertiaire fixés par Renault. Encore des salariés qui n’ont pas l’esprit Corporate.

Marché aux puces

Renault a dû mettre à l’arrêt plusieurs chaînes de montage dans ses usines de Sandouville, Tanger ou Pitesti. La cause ? Une pénurie mondiale de semi-conducteurs. Le boom des aides à la conduite (ADAS) et des moteurs électriques rend les microcontrôleurs (MCU) désormais indispensables dans l’automobile. Mais ce secteur n’est pas la priorité des fournisseurs de puces électroniques : ils y réalisent très peu de marge, notamment suite à la pression sur les coûts exercée par les constructeurs et leurs équipementiers. C’est l’arroseur arrosé.

 

Les Restos de la com’

Renault est « partenaire logistique » des Restos du cœur, et veut que ça se sache. Un partenariat limité puisque l’entreprise prête du 5 au 7 mars quelques véhicules (sans payer toutefois le carburant aux Restos), comme des masters personnalisés avec de la pub pour Renault. Renault encourage aussi ses salariés à faire un « beau geste » en s’engageant bénévolement auprès des Restos… et en rappelant bien qu’ils sont envoyés par Renault. Un partenariat totalement désintéressé. 

Un forum mais pas de discussion

La semaine dernière, la Direction des Tests de l’Ingénierie a organisé un open forum avec des questions/réponses. Les questions étaient filtrées et posées par un intermédiaire. Quant aux salariés de Lardy, ils n’étaient pas invités. La DEA-T craint-elle de donner la parole aux salariés ?

Il n’y a pas que les salaires de bloqués

A l’open forum de la DEA-T, la directrice a buté sur des questions gênantes comme : pourquoi les mobi-lités sont bloquées, pourquoi y-a-t-il peu d’offres de mobilité interne… ? S’en est suivi une réponse embarrassée promettant que le processus serait en train de se mettre en place. Il y a toujours la réponse type de De Meo : « je n’aime pas cette question… ».

Un chef qui fait son cinéma

A PEI, un chef se prend pour Spielberg et filme les salariés pendant la pause. C’est complètement illégal. Il n’a pas assez de travail pour jouer les voyeurs ?

Souvent Vestalia varie

La série « Chômage partiel à Vestalia » continue. La direction de la filiale logistique de Veolia, qui prévoit du chômage partiel jusqu’en avril, laisse planer le doute sur son indemnisation à 72% ou 100%. Après janvier, ce sera finalement 100% en février. Mais Vestalia voudrait que le paiement à 100% se fasse désormais avec des contreparties, c’est à dire contre la perte de jours de congés. Veolia est riche à milliards, pas question d’accepter ces mégotages.

 Renault Pars et ne reviens pas

Suite à l’embargo américain sur l’Iran, Renault a fait venir 114 salariés iraniens pour travailler au Technocentre, à Boulogne et au Plessis dès février 2019. Ils ont dû démissionner de Renault Pars et signer un contrat de 2 ans minimum avec RNGM, la filiale suisse de Renault-Nissan. Problème : Renault ne les a prévenus qu’après coup que leur famille ne pourrait pas les suivre. Face aux protestations des commuters, Renault a menacés de rompre leur contrat. Puis est venu le Covid, l’explosion de la pandémie en Iran et l’angoisse pour les proches, tandis que RNGM arrêtait sans préavis la couverture santé de leurs familles. Les deux ans étant passés, Renault met fin à leur contrat cette année, les expulse de leur logement et leur offre royalement un CDD de 3 mois en Iran avec Renault Pars. « Renault nous a utilisés comme de la main-d’œuvre bon marché, puis ils nous ont jetés comme des malpropres lorsqu’ils n’ont plus eu besoin de nous », résume un des expatriés désormais sans emploi dans Le Point. De quoi se méfier avant de signer un contrat RNGM.

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