L’étincelle du 13 avril 2021

Les Renault font le siège

Pari réussi malgré le confinement. Jeudi 8 avril, 300 personnes ont manifesté devant le siège social de Renault à Boulogne pour protester contre les suppressions d’emplois et l’externalisation de la maintenance des moyens d’essais de l’Ingénierie. Le gros des manifestants était composé de salariés de Lardy, Guyancourt et Aubevoye, ainsi que de la fonderie MBF de Saint-Claude (Jura) en redressement judiciaire et qui a comme client Renault et PSA. Un début de riposte collective à la casse sociale.

 Les experts, c’est nous

Le 29 mars, les élus des Comités Sociaux et Économiques (CSE) de Lardy et Guyancourt ont voté une expertise sur l’externalisation de la maintenance des moyens d’essais. Le cabinet Sextant, désigné par les CSE, a un mois pour rendre son rapport. Et après ? Le CCSE de Renault avait aussi voté une expertise en 2020 sur le plan d’économie. Elle n’a pas empêché De Meo de lancer son plan de 4600 suppressions d’emplois. Seule une forte mobilisation pourrait stopper ces suppressions d’emplois.

Le cost killer de l’Ingénierie

Interrogé si d’autres externalisations étaient prévues en plus de celle de la maintenance, Gilles Le Borgne a répondu qu’il « ne s’interdit rien ». Quand elle était Directrice Générale de Renault par intérim, Clotilde Delbos avait aussi déclaré n’avoir aucun tabou… avant de fermer Choisy. Tous les salariés de l’Ingénierie/Tertiaire sont donc prévenus.

Un petit coup d’œil et puis s’en va

Lors de sa grande messe de jeudi dernier, Gilles Le Borgne est resté droit dans ses bottes sur l’externali-sation de la maintenance. Le contrat de 3+2 ans passé avec la société repreneuse, P2M, serait même une chance, car « qui peut savoir s’il aura du travail dans 5 ans ? » En tout cas, lui ne sera plus à Renault où il compte rester 4/5 ans… après avoir supprimé des milliers d’emplois et touché un gros chèque.

 Postes supprimés : RCC-le-feu

La direction supprime des postes à tout-va : 297 à la DEA-T, 41 à l’Après-Vente… De nombreux salariés sont mis de force en mobilité : à charge pour eux de retrouver un poste ailleurs… ou d’opter pour la Rupture Conventionnelle Collective (RCC). Il serait temps de stopper ce plan social déguisé.

 Gare au refus de priorité

Comme la RCC ne fait pas recette, la direction a allongé la priorité de réembauche de six mois à un an. Elle est prioritaire, pas obligatoire. Et si le salarié, vu ses compétences et les besoins de Renault, était déjà classé « gris » avant de partir, un an plus tard, cela ne va pas s’arranger : il sera sur liste noire.

Le temps est au gris

Encore une idée de la direction pour trouver des candidats à la RCC décidément peu populaire : élargir le nombre des salariés éligibles (cases grises du tableau des compétences) de 10 331 à 11 682 dans l’Ingénierie et le Tertiaire. La direction avait juré que les postes « bleus » seraient une forteresse. C’est plutôt un château de sable.

Luca d’espèces

L’AG des actionnaires de Renault se tiendra le 23 avril à huis clos. Au programme, le vote à distance du salaire de Luca De Meo pour 2021 : 1,3 millions d’euros de part fixe, 1,95 millions de part variable et 75 000 actions gratuites, soit au cours actuel de l’action 6 millions d’euros au total. Et dire qu’on croyait que Renault n’avait plus d’argent.

Un conseil à ne pas suivre

Les actionnaires de Renault devront aussi nommer ou renouveler le mandat des membres du conseil d’administration. La plupart de ces administrateurs ont œuvré sous Ghosn, et approuvé la « renaulution » de De Meo et ses milliers de suppressions d‘emplois. Ce conseil d’administration ne représente ni les salariés, ni la population, mais ces actionnaires de Renault dont la majorité sont anonymes : des fonds spéculatifs, des banques, des grosses fortunes qui s’enrichissent sur le travail des salariés.

La direction passe à l’action

En 2020, Renault « a affecté 1 270 000 actions à l’objectif de mise en œuvre de tout plan d’attribution gratuite d’actions […] destinés aux salariés et dirigeants de la Société » lit-on dans la 20ème résolution de la brochure de convocation de l’AG des actionnaires. La brochure ne cite pas les noms des salariés et dirigeants bénéficiaires des actions gratuites, alors que les salaires sont gelés. Il va falloir ouvrir les livres de compte !

L’action de grasse

« C’est la crise » nous dit-on sur tous les tons. Sauf que l’action Renault a doublé depuis le premier confinement, comme le cours moyen du CAC 40. Forcément : les sacrifices imposés aux salariés, ça rassure les traders et les grosses fortunes pour lesquelles ils officient.

Location fait le larron

La Dacia Spring sera louée en exclusivité par Leclerc suite à un partenariat avec Renault. Pendant ce temps, Renault met en vente ses succursales à RRG. Les 1200 salariés visés par ces cessions en 2021 n’auront qu’à trouver du travail chez Leclerc.

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