Les pilotes d’Air France ont tout de même fait crasher un des rêves de leur PDG

greve Air FranceAprès 14 jours de grève, les pilotes d’Air France ont repris le travail. Sans avoir gagné sur toutes leurs revendications, loin de là, en particulier sur un contrat unique pour les pilotes d’Air France et de sa filiale low-cost Transavia France. En revanche, et malgré les vantardises de Valls, ils ont réussi à faire caner le gouvernement et le PDG qui ont dû annoncer l’annulation du projet Transavia Europe.

Suppressions d’emplois et salaires low-cost : la politique d’Air France, soutenue par le gouvernement

En deux ans Air France a supprimé près de 10 000 postes et annoncé début septembre son projet « Transavia Europe », sa filiale low-cost. Au programme : la mise en place de bases dans plusieurs pays où pilotes et hôtesses de l’air auraient été soumis à des conditions de travail et de rémunération locales tout aussi low-cost. Sans compter que le personnel au sol devait évidemment être géré par des sociétés sous-traitantes. Pour les pilotes, c’en était trop. Ils ont donc fait grève pour revendiquer entre autres l’abandon de ce projet.

L’intox de Valls et de De Juniac

Depuis le début de la grève, Valls et Alexandre de Juniac, le PDG d’Air France, s’en prennent à ces « privilégiés » qui risqueraient de faire couler Air France. Si les pilotes d’Air France touchent des salaires bien plus élevés que les nôtres, rappelons celui d’Alexandre de Juniac, qui s’élève à 900 000 € par an. Valls, quant à lui, s’en est pris aux « égoïstes », lui qui réserve son altruisme aux actionnaires privés de la compagnie. Sans compter qu’il n’y a rien d’égoïste à refuser des temps de récupération moins longs entre deux vols, car il en va de la sécurité des usagers.

Vieille tactique de division du patronat. Celui d’Air France est allé jusqu’à mettre en scène un rassem-blement de salariés devant le siège de la compagnie, cordialement invités sur leurs plannings à venir manifester devant les caméras contre la grève des pilotes. La direction a même fourni les banderoles.

Contre la division, unifier les luttes

S’attaquer aux salariés les mieux rémunérés d’une entreprise est une stratégie éculée de la part de certains grands groupes pour tenter de leur mettre à dos les autres salariés. Or l’aboutissement du projet Transavia Europe aurait signifié encore plus de dégradations de conditions de travail et de salaires pour l’ensemble des salariés d’Air France.

Le demi-recul obtenu par les pilotes est donc un point marqué non seulement pour eux, mais pour tous les salariés de l’entreprise.

Mais bien sûr, cette grève aurait eu plus de chances de gagner si les pilotes avaient unifié les revendications et s’étaient souciés d’entraîner les hôtesses, stewards et l’ensemble du personnel au sol, qui ont aussi bien des raisons d’exprimer leur colère. Car des luttes, il y en a eu à Air France depuis deux ans, comme celle des hôtesses et stewards de Cityjet, la filiale irlandaise d’Air France en 2012, ou plus récemment des agents de piste de Roissy ou encore des contrôleurs aériens en juin dernier.

Le rêve de Gattaz

Les pilotes ont malgré tout montré qu’on peut semer la panique au gouvernement et dans les conseils d’administration du grand patronat. Qu’on peut les faire reculer, au moins un peu. Mais pour parvenir à une réelle victoire, et pas seulement dans l’aéronautique, il s’agit de se mobiliser ensemble, au-delà de nos catégories et professions respectives.

En tout cas, il faut se donner les moyens de leur faire ravaler leurs projets. Derniers en date, Gattaz, le président du Medef, a sorti mercredi dernier un nouveau projet contre les travailleurs.

Gattaz rêve de supprimer des jours fériés, de casser le SMIC, d’allonger le temps de travail, de reculer encore l’âge de départ à la re-traite… Et quoi encore ?

Si la grève des pilotes leur a fait peur, alors nous avons les moyens, en coordonnant nos luttes, de devenir le pire cauchemar de Gattaz et consorts et de gagner vraiment.

 

Editorial des bulletins d’entreprise du 29 septembre 2014

 

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