Les coronaprofiteurs

Confinera, confinera pas ? Le gouvernement souffle le chaud et le froid. Les mesures annoncées par le premier ministre Castex vendredi n’auront qu’un effet à la marge sur la propagation du virus et ne peuvent faire oublier le fiasco de la campagne vaccinale. Depuis un an que ça dure, quand allons-nous sortir de cette valse de confinements et de déconfinements décidés surtout en fonction des intérêts des grands groupes capitalistes, au mépris de notre santé et de nos conditions de vie ?

Faillite du système capitaliste

Après les échecs des campagnes de dépistage et de vaccination, les labos annoncent des retards de production et de livraison. C’est qu’ils ne fabriquent pas seulement des médicaments ou des vaccins, mais avant tout du profit pour leurs actionnaires. Alors que la mise en commun des capacités de production des entreprises pharmaceutiques serait une nécessité, les États se soumettent aux lois de la concurrence.

Il a fallu de longues négociations pour que Sanofi aide à mettre en flacon les vaccins Pfizer, mais pas question qu’il en produise, car c’est la guerre des brevets. L’Union Européenne et le Royaume-Uni se disputent les vaccins du groupe pharmaceutique AstraZeneca qui les vendrait au plus offrant. Pendant ce temps, l’épidémie progresse et ce sont les classes populaires qui en paient le prix.

L’effet majeur des restrictions imposées, c’est l’appauvrissement et la précarisation du monde du travail. Selon le dernier rapport d’Oxfam (une organisation de lutte contre les inégalités), 715 000 emplois ont été supprimés dans l’intérim en France, sans compter les CDD non renouvelés. Et ceux qui bénéficient d’un CDI ne sont pas épargnés avec les baisses de revenu liées au chômage partiel. Au total, en France, un million de personnes a basculé dans la pauvreté depuis le début de l’épidémie.

Accroissement des inégalités

Moins de 1 % des 100 milliards d’euros du plan de relance est consacré à lutter contre la pauvreté. Un drame pour des millions de jeunes qui se retrouvent sans revenu après la perte de leur job. Un drame pour ceux qui ne peuvent plus payer leur loyer. Mais cette manne arrose les grands groupes licencieurs Total, Renault, Air France, Carrefour et même Sanofi qui supprime des centaines de postes dans la recherche médicale. On marche sur la tête !

D’habitude toujours enclins à dénigrer l’intervention de l’État qui briserait leur « liberté d’entreprendre », les capitalistes gavés d’argent public ont vu leur fortune augmenter depuis le début de la pandémie. Le mécanisme de rachat de dette par les banques centrales censé injecter des capitaux dans l’économie réelle a eu pour effet de nourrir la spéculation sur les marchés boursiers.

Un programme d’auto-défense

Face à cette situation, la lassitude et l’exaspération pourraient laisser place à la colère et à la révolte. Aux Pays-Bas, la mise en place d’un couvre-feu a été accueillie par des émeutes. Ici et là dans le monde, la contestation prend des formes de colère aveugle contre le confinement, que l’extrême droite cherche à utiliser pour accéder au pouvoir.

Les travailleurs doivent avancer leur programme d’auto-défense face à l’urgence sociale et sanitaire. Pour tirer le secteur de la santé des griffes des intérêts privés, il faut abolir le secret commercial et le monopole des brevets, réquisitionner les entreprises stratégiques et les placer sous le contrôle des travailleurs. Aux services publics de la santé, de l’éducation, des transports et de la culture, l’État doit fournir les moyens en personnel et en locaux qui leur permettent de limiter les brassages et de fonctionner en toute sécurité sanitaire. Il faut interdire les licenciements et les suppressions d’emplois, partager et réduire le temps de travail, sans perte de salaire. Il faut des mesures d’urgence d’aide à la jeunesse privée de revenus… Autant de mesures à discuter et à avancer dans les mobilisations à venir.

En France, les morts du Covid se comptent par dizaines de milliers, les bénéficiaires de l’aide alimentaire sont huit millions, trois millions de plus qu’avant le Covid. La fortune des quarante-et-un milliardaires français a dépassé son niveau d’avant la crise. Sept d’entre eux possèdent autant que les 30 % les plus pauvres. La crise exacerbe les inégalités. Les travailleurs n’ont pas à faire les frais d’un système dont ils ne sont en rien responsables.

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