Les braqueurs de la finance

HSBC ? Une banque de rêve pour tout riche de ce monde. Sa spécialité : dissimuler l’identité de ses clients privilégiés. D’abord pour leur éviter de payer des impôts à leur État respectif. Ils seraient 100 000 à avoir profité de ce système d’évasion fiscale entre 2006 et 2007, cachant ainsi 180,6 milliards d’euros au fisc.

Les braqueurs épinglés…

swissleaks_3En fait, il ne s’agit pas d’une exception. HSBC a été prise la main dans le sac grâce aux révélations d’un repenti. Mais les enquêteurs suggèrent que la plupart des grandes banques pratiquent la chose. Aux clients richissimes le secret, le blanchiment et l’évasion. Aux petits salariés, qui eux paient leurs impôts, les contrôles en tous genres et les agios au moindre découvert.

Les politiciens de tous les pays se sont empressés de déclarer, comme Valls et Sapin, qu’ils seront « intraitables avec les fraudeurs ». Et les dirigeants de la banque sont bien obligés de reconnaître « des manquements passés ». Passés ? Quelle hypocrisie ! Le secret bancaire pour les riches fait partie du mode de fonctionnement du système capitaliste, et ces grands bourgeois le savent bien.

… mais pas à court de munitions !

Juridiquement l’évasion fiscale est un délit. Mais des voies toutes légales existent pour exonérer les riches. Ils appellent cela l’ « optimisation fiscale ». Toutes les grandes entreprises y ont recours et le procédé est d’une simplicité confondante. Il suffit de faire un transfert de bénéfices d’un pays comme la France où l’imposition est jugée trop forte, vers un pays plus hospitalier comme les Bermudes ou la Suisse, pour planquer le fric ainsi blanchi de taxes.

Si on ne prend que les géants de l’Internet Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, ce procédé leur permet de diviser par 22 leur facture au fisc français, qui perd ainsi 1,5 milliard d’euros chaque année.

Mais nos industriels bien français ne sont pas en reste. Il y a un an, Christophe de Margerie, alors PDG de Total, déclarait qu’il « rêvait » de payer des impôts à la France. Pauvre riche qu’il était, il prétendait ne pas pouvoir le faire car ses bénéfices seraient réalisés ailleurs qu’en France. C’est ainsi que Total, qui a fait 10,8 milliards de bénéfices au niveau mondial en 2013, n’a pas payé un centime d’impôt sur les sociétés en France.

Crime en bande organisée

Une commission d’enquête commanditée par le Sénat a récemment chiffré le coût de la seule évasion fiscale à 50 milliards d’euros de manque à gagner chaque année pour l’État français.

C’est presque autant que le budget de l’Éducation nationale, de 63,4 milliards d’euros en 2014. Et pourtant le gouvernement a le culot de nous parler encore de « rigueur ». À nos enfants de se serrer un peu plus dans les salles de classe. À nous l’augmentation des tarifs des transports publics, le manque d’entretien des infrastructures de la SNCF. Aux associations locales la suppression de subventions. Aux postiers, cheminots, personnels des hôpitaux… et tous les autres de subir les suppressions d’effectifs. Dans le même temps, les patrons rognent sur les temps de pause, baissent les salaires, suppriment les effectifs, licencient des intérimaires. Tout ce fric qui devrait nous revenir, ils le planquent avec le consentement législatif de leurs copains au pouvoir.

Et si on faisait sauter la banque ?!

Ils ont à leur disposition des banques de rêve ? A nous de réaliser un autre rêve. Celui de renverser ce monde où les plus riches planquent leurs trésors et échappent à tout contrôle, pendant que nous comptons les clopinettes de nos fins de mois.

Leur système où les finances opaques permettent de dissimuler toutes leurs crasses, on n’en peut plus, on n’en veut plus.

 

Éditorial des bulletins d’entreprise du 16 février 2015

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.