l’étincelle du 14 janvier 2020

Édouard l’illusionniste

Après 40 jours de grève, Édouard Philippe a lâché un os aux syndicats dits « réformistes ». Il a suivi les conseils de ses députés, inquiets pour leur réélection, mais surtout d’une extension possible de la grève. Exit, donc, l’« âge pivot », qui impose une décote de sa pension de retraite avant 64 ans. Bonjour l’« âge d’équilibre ». Les « partenaires sociaux » sont désormais chargés de trouver une autre manière de faire reculer l’âge de départ lors d’une pompeuse « conférence sur l’équilibre et le financement des retraites ». Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, parle de « victoire ». Mais les grévistes ne sont pas des moutons. Pour eux, c’est toujours le retrait du projet qui est à l’ordre du jour.

Des partenaires sur pivot

Cette conférence est censée « imaginer » de nouvelles mesures d’économies pour rétablir l’équilibre financier avant 2027. Son but ? Examiner par quels subterfuges faire les poches des travailleurs. Ces marchandages avec la CFDT (ce sont presque des négociations internes au gouvernement) sont un faux semblant qui n’a rien à voir avec la grève et ceux qui la font.

Il ne s’agirait surtout pas, pour le gouvernement, de faire payer au patronat ce déficit annoncé des régimes de retraites : un déficit pourtant bien maigre face aux allègements de cotisations patronales et plus encore aux dividendes record versés en 2019.

Inimaginable également pour ces « partenaires » d’imposer des embauches dans les grandes entreprises et les services publics, ce qui ferait rentrer de nouvelles cotisations. Que restera-t-il donc ? Reculer, d’une manière ou d’une autre, l’âge de départ en retraite.

D’ailleurs, « l’âge pivot » est toujours d’actualité. Si la « conférence » ne débouche pas, le gouvernement, l’imposera par ordonnance. Macron en est un spécialiste. Et il est déjà prévu que cet âge reculera d’année en année pour repousser toujours plus loin la possibilité d’une retraite à taux plein.

Pas question ! Le seul financement c’est de faire payer les riches en imposant l’augmentation des salaires, l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous.

La grève continue

Les grévistes de la SNCF et de la RATP tiennent bon, malgré la durée record de la grève. La journée du 9 janvier, longuement attendue par les grévistes, a été un succès, avec un nombre de manifestants toujours imposant. Rebelote samedi 11, avec des manifestants de secteurs où il est plus difficile de se mettre en grève, notamment dans les petites entreprises.

Les enseignants étaient à nouveau bien présents, avec leurs banderoles d’établissements. Mais aussi les avocats, qui, le mercredi, avaient jeté leur robe à la figure de la ministre de la Justice venue présenter ses vœux au tribunal de Caen. Quelques cortèges du privé également. À Lille, ce sont les ouvriers de l’usine agro-alimentaire Cargill, dont 183 emplois sont menacés, qui ont pris la tête de la manifestation samedi. La lutte contre la réforme des retraites est aussi l’occasion de mettre sur la table toutes les revendications, à commencer par le maintien des emplois : pour un emploi maintenant, pas à 64 ans !

Contre Macron et son monde

L’extension de la grève est toujours nécessaire, mais aussi sa structuration : avec des comités de grève pour discuter et s’organiser à la base, avec des coordinations par secteurs et interprofessionnelles pour décider ensemble des suites.

Age pivot ou d’équilibre… La retraite à point du gouvernement Macron/Philippe entrainera de toute façon une baisse des pensions et un recul de l’âge de départ en retraite. Une aubaine pour tous ceux qui lorgnent sur l’épargne retraite des salariés. Les fonds de pension et leurs gérants, comme Blackrock ou Axa, se frottent déjà les mains.

Cette semaine, il faut amplifier la grève pour faire plier le gouvernement, et faire que les manifestations soient plus massives encore, en particulier la journée de mobilisation du jeudi 16 janvier. Contre Macron et son monde, on est toujours là !

Lire la suite page suivante…

Pages: 1 2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.