Catégorie : l’étincelle du 10 octobre 2017

Pas de plan stratégique pour l’emploi

Dans son plan stratégique pompeusement intitulé « Drive the future », la direction de Renault, invoquant la tendance du marché, veut réduire de 50 % son offre de véhicules diesels d’ici 2022. Mais pas un mot dans ce plan sur le « futur » des milliers de salariés qui travaillent sur le diesel. Les constructeurs, comme VW ou Renault, ont participé à faire baisser le diesel, préférant tricher sur les taux réels d’émissions polluantes plutôt que d’investir dans la dépollution, quitte à prendre un peu…

En attendant le futur

Nouvelles gammes de véhicules électriques, autonomes, connectés… Avec « Drive the future », Ghosn veut en mettre plein la vue. Mais il y a loin des annonces à la réalité, notamment pour la promesse de véhicules complètement autonomes en 2022. Ces annonces vont surtout renforcer la pression déjà forte dans l’Ingénierie faute d’embauches suffisantes. Conduire le futur, c’est bien. Améliorer les conditions de travail du présent, c’est mieux.

Usine no future

La réduction de l’offre diesel de Renault va menacer de nombreux sous-traitants. C’est le cas de l’usine Bosch de Rodez où travaillent 1600 salariés. Spécialisée dans le diesel, elle est présentée comme un exemple d’usine du futur avec robot collaboratif sensible à la présence humaine, puces radio-émettrices pour le suivi des pièces… Mais pour fabriquer quoi demain ? Avec leurs confortables bénéfices, Bosch, Renault et PSA doivent assurer un futur aux salariés de Bosch autre que Pole Emploi.

Quand l’Etat vantait le Diesel propre

En France, les ventes de voitures diesel ont décollé dans les années 1980 sous l’impulsion de l’Etat : campagnes de pub, taxes inférieures à l’essence… Il s’agissait de relancer les ventes (et les bénéfices de Renault et PSA) suite au choc pétrolier. Le diesel était alors économique et… propre ! Il bénéficiait en 1998 de la nouvelle pastille verte, et en 2008 de bonus car émettant moins de CO2 que l’essence. Les ventes de diesel en France sont alors passées de 7 %…

Drive the dividends

Le nouveau plan de Renault fixe comme « objectif stratégique » une « politique de dividendes compétitive » ! Le dividende a augmenté de 31 % l’an dernier, où Renault a versé 917 millions aux actionnaires. Mais ce n’est pas assez. A quand une politique salariale compétitive ?  

A quand la symbiose travail-plaisir ?

Alors que les parkings sont saturés, la direction occupe en ce moment tout un parking du Gradient pour faire la com’ de Symbioz. Le dernier concept car de Renault est censé réaliser la symbiose de la voiture et du domicile. Plus facile de vendre du rêve que des places de parkings au Technocentre.    

Mission fatale

Emmanuel, qui travaillait dans une des UET besoins spéciaux de la DEA-TV au Gradient, est décédé au cours d’une mission à l’usine Renault Douai. Il a été retrouvé le 22 septembre dans son camping-car asphyxié par une fuite de monoxyde de carbone. Emmanuel habitait en camping-car lors de ses déplacements professionnels pour arrondir ses fins de mois. Faute de salaire correct et de prime de déplacement, des salariés cherchent à réduire leurs dépenses d’hébergement et de repas pour économiser sur…

Pas de place pour le handicap

Avec 6,4 % de travailleurs handicapés, Renault sas est à peine au-dessus du taux d’emploi obligatoire de 6 %. Et c’est une moyenne. Les travailleurs qui ont un handicap représentent 11,7 % des effectifs à Douai, et il s’agit en bonne partie de salariés victimes d’accident. Au Technocentre, c’est 3,1 %. Les embauches sont rares. Les préjugés ont la vie dure.   

Génération M… comme Mobilisé !

A la Ruche ou à l’Avancée, la direction a déployé des nouveaux environnements de travail tertiaire. Sous prétexte de s’adapter au mode de travail de la « génération Z » (nomade, connecté, collaboratif…), les bureaux ont été rétrécis de 8 à 5 m2 et disposés face à face, et le nombre de postes non affectés a été augmenté. Cette mode touche aussi Renault Lardy. Mais les salariés du bâtiment L25 s’y sont opposés, vu la perte d’espace de travail et de rangement. Le…

La cadence baisse, pas l’exploitation

Comme les ventes des Talisman n’atteignent pas ses prévisions, la direction a décidé de réduire de 25 % la production à Renault Douai à partir du 20 novembre. La cadence baissera de 60 à 30 véhicules/heure pour l’une des équipes et la moitié des 1400 intérimaires doit être renvoyée. Mais les salariés sur chaîne ne bénéficieront pas de cette baisse de cadence, car ils devront faire le travail des intérimaires renvoyés en plus du leur. C’était donc ça l’usine du futur ?!