Catégorie : l’étincelle du 6 décembre 2016

L’anti-marché de Noël

Mardi 29 novembre, un rassemblement a eu lieu dans le hall de la Ruche à midi contre le nouvel accord compétitivité. En ces temps de marché de Noël, des initiatives affirmant que les salariés ne sont pas une marchandise, ça change !

Les AGS dans le collimateur

Il y a de bonnes raisons de se mobiliser, car pour les AGS, ça sent le sapin. Le 29 novembre à la 7 ème réunion sur l’accord de compétitivité, la direction a annoncé que les seules mesures collectives salariales seront les primes d’intéressement. Les syndicats qui signeront cet accord approuveront donc la suppression des AGS (Augmentation Générale de Salaire) durant encore 3 ans. Pour obtenir des AGS et plus de justice sociale, il faudra se passer d’eux.

On ne marche pas

La direction prétend « remplacer la modération salariale par une politique salariale équilibrée » et « des niveaux d’augmentation [individuelle] cohérents avec le marché en France et avec la situation économique de l’entreprise ». Où est la différence ? Selon les lettres de transparence, les salaires Renault sont toujours trop élevés par rapport au panel Hay, présenté comme la référence du marché. Cette comparaison sert à justifier le blocage des salaires, sauf ceux de Ghosn et des cadres dirigeants qui…

Mort d’avoir voulu réduire les coûts

Brahim, un cadre du Technocentre de 44 ans, est mort à l’hôpital le 24 novembre, après avoir fait un malaise lors d’un entretien préalable à licenciement. Chef du département Ingénierie à l’usine Renault de Tanger jusqu’en août 2016, la direction l’aurait rendu responsable de la suppression d’une serrure du Lodgy, qui a ensuite provoqué un rappel du véhicule jugé non conforme (OTS). De fausses accusations selon Brahim. De toute façon, une mesure prise afin de réduire les coûts, et donc…

Contre-révolution numérique

« Le digital » serait, d’après la direction, un « levier pour améliorer le cadre de travail ». Et de promettre d’équiper les usines en Wifi, afin d’y garantir un « droit à la connexion » et de permettre de « recevoir l’info du groupe et de l’usine » sur son smartphone. Comme si on ne recevait pas assez de sa propagande.

Si elle le dit !

Lors de la dernière séance de négociation, la direction a annoncé son intention de rendre les « processus RH efficients ». C’est qu’ils ne le sont pas. Pour une fois qu’on est d’accord avec elle !

Pas de contrainte, sauf pour les jalons

Le projet d’accord compétitivité comporte un « droit à la déconnexion ». En fait, la loi Travail oblige l’employer à négocier sur ce sujet. Mais le résultat n’est pas garanti. Selon ce projet, la « reconnaissance du droit de chacun à la déconnexion » doit être « source de performance pour l’entreprise », et non une « contrainte » qui « rigidifierait le système par l’édiction de règles trop strictes ». Ce serait alors au salarié de « savoir se…

Féminisme mondain

Renault-Nissan est, cette année encore, partenaire du Women’s Forum de Deauville, raout de grands dirigeants, dont la guest star était Macron « l’ami des patrons ». L’occasion d’un nouveau numéro d’auto-satisfaction de Renault qui vante son « engagement envers l’égalité professionnelle homme-femme », avec 25 % de femmes au Comité Exécutif et plus de femmes promues « à des postes de responsabilité clés en 2016 ». Les salariées de base peuvent donc rester moins payées que leurs collègues masculins.

Trop de prix pour être honnête

Et une nouvelle médaille pour Ghosn, celle du « Grand Prix de l’Economie 2016 » que vient de lui décerner le journal patronal Les Echos. Dans le jury, tous ses amis étaient là : Denis Kessler, PDG de Scor et éminence grise du Medef, Mouna Sepehri, son bras droit chez Renault, un ex-gouverneur de la Banque de France, un dirigeant de la banque Morgan et leur suite de journalistes serviles. Il ne lui manque plus que la médaille du mérite…

Fillon les bons filons

Fillon veut « reprendre les privatisations » s’il était élu en 2017, et revendre des parts de l’État dans Renault. Fillon, c’est la continuité d’une politique publique depuis 30 ans : Renault a été transformée en Société Anonyme en 1990 par la gauche, puis privatisée en 1996 par la droite. L’opposition récente au salaire de Ghosn masque un accord de fond. L’État ne s’est jamais opposé aux décisions stratégiques de Schweizer, puis de Ghosn. Qu’il garde ou pas des parts…