Catégorie : l’étincelle du 10 mai 2016

Un conseil de sourds

A l’Assemblée Générale du 29 avril, 54 % des actionnaires de Renault ont désapprouvé la rémunération de Ghosn. Une première dans une entreprise du CAC 40. Mais le conseil d’administration s’est empressé de la valider ! Ghosn va donc pouvoir toucher 7,2 millions d’euros, en plus de ses 8 millions chez Nissan. On savait que le conseil d’administration ne repré-sentait pas les salariés. On sait qu’il n’obéit pas aux actionnaires. En fait, c’est le règne de la ploutocratie.

Les amis de Carlos

Le comité des rémunérations, qui fixe le salaire de Ghosn, a dit avoir entendu les actionnaires de Renault et réfléchir à la structure de la rémunération de Ghosn. Quand on sait qu’il est présidé par Patrick Thomas qui a gagné 3,2 millions d’euros comme PDG d’Hermès en 2013, on est franchement rassuré.

Pas touche aux dividendes

Pour les autres résolutions soumises au vote, les actionnaires de Renault ont été moins rebelles. 99.61 % ont voté pour l’augmentation de 26 % de leurs dividendes ! Les rémunérations indécentes, ce sont surtout celles qu’ils ne touchent pas.

Ça ne tourne Macron dans sa tête

Suite à la décision du conseil d’administration de valider le salaire de Ghosn contre l’avis des actionnaires, Macron menace de légiférer. C’est pourtant lui qui a réduit la fiscalité sur les actions gratuites, dites de « performance », sous prétexte de « rémunérer les talents ». Depuis la loi Macron cette forme de rémunération explose, jusqu’à représenter 58 % du salaire de Ghosn en 2015 (4,2 millions d’€). Quant à la loi Travail, elle voulait plafonner les indemnités de licenciement, pas le salaire des patrons.

Le vote des salariés

A Renault Lardy, une soixantaine de salariés se sont rassemblés lundi 2 mai à 10h, dans la foulée de l’AG des actionnaires du vendredi 29 avril, pour protester contre la rémunération de Ghosn. Pendant que Ghosn et les actionnaires s’engraissent, les salariés ont des miettes : 0 % d’AGS, des AI et des promos au compte-goutte… Toutes les raisons de faire entendre le vote des salariés !

Ordre et contre-ordre

Dans une réunion avec les syndicats signataires de l’accord compétitivité de 2013, la direction de Renault a annoncé qu’elle ne supprimerait pas les jours de congés du Compte Transitoire fin 2016. C’était pourtant le message passé jusqu’à maintenant par la hiérarchie pour que les salariés vident leur compteur. Comme quoi, il ne faut pas forcément obéir aux chefs.

Même site, mêmes règles

La journée de travail des salariés du Comité d’Etablissement, de Cofely ou d‘autres sociétés de prestation du Technocentre débute à l’arrivée à leur poste de travail, et pas sur le site. Certains salariés doivent même s’être changés avant, tout retard pouvant entrainer une retenue sur salaire. La journée de travail des salariés Renault qui sont en horaire variable commence pourtant à leur arrivée sur le site lors du passage au tourniquet. Il n’y a pas de raison que ce ne…

De nombreux péchés à expier

Le nouveau Directeur des Ressources Humaines France de Renault, Tristan Lormeau, est à la tête, avec sa femme Patricia, du Mouvement Chrétien des Cadres Dirigeants qui rassemble des dirigeants « désireux de mieux vivre l’Évangile au cœur de leur vie professionnelle ». A quand le confessionnal quai Le Gallo pour les membres du Comité Exécutif ?

Burnout in TCR

« Le risque psychosocial (RPS) est un risque professionnel majeur au sein de l’établissement ». C’est ce que sont venus dire les médecins du travail aux membres du CE fin avril, alertant de nouveau sur « l’augmentation du nombre de syndromes d’épuisement professionnels (burn-out ou états de pré burn-out) ». En cause, la surcharge de travail, l’amplitude horaire excessive, le sous-effectif, la multiplication des projets… Le remède : plutôt que de se consumer à l’intérieur, extérioriser sa souffrance et son ras-le-bol collectivement !

Licencié pour délit d’expression

Le prestataire viré du Technocentre pour avoir écrit un mail aux syndicats de Renault a été licencié pour faute grave. Son patron n’a pas apprécié que son renvoi du Technocentre sur ordre de Renault ait été relaté sur Internet. Pourquoi : il y avait quelque chose d’illégal et de révoltant à cacher ?

Qui auditionne qui ?

Auditionné par la Mission d’information sur l’offre automobile française de l’Assemblée Nationale, Gaspar Gascon, directeur de  l’Ingénierie de Renault, a vanté début avril les mérites du Crédit Impôt Recherche qui a permis de « réduire de 11 % le coût de l’ingénierie en France ». Il a aussi insisté sur les 5 centres d’ingénierie Renault dans le monde où certaines activités peuvent être délocalisées… si le « coût du travail » ne baisse pas en France. Ce que le gouvernement…