Catégorie : l’étincelle du 15 avril 2014

Bulletin de Salaire Insuffisant

Chacun a reçu son Bulletin de Situation Individuelle (BSI) : une synthèse de sa rémunération 2013 visant à expliquer que nous coûtons cher à l’entreprise. Mais cela permet aussi de comparer avec le BSI 2012 et de voir que notre rémunération stagne, voire baisse. Conséquence directe de l’accord compétitivité.

Des miettes, mais individualisées

Les promos tombent fin avril. Les ETAM doivent se répartir 0,8 % en moyenne sous forme d’augmentation individuelle. Les places vont être chères. Comme pour la prime de 500 € brut, mais pour 40 % des ETAM. Vite, le retour des AGS !

La main invisible du marché

Le plan de promotion des cadres est une usine à gaz destinée à justifier que 70 % des cadres n’auront rien. Leur salaire dépend désormais du job grading de leur poste et de la valeur de celui-ci sur le marché. Une valeur fixée par le cabinet Hay, selon des calculs aussi mystérieux que les Saintes Ecritures. Ceux qui sont en-dessous, ou pas trop au-dessus de la médiane du marché de leur poste, peuvent espérer une augmentation. A condition d’avoir été sélectionné…

Des quotas pour diviser

75 % des cadres toucheront une prime de 3 % ou 4% de leur forfait annuel (entre un tiers et la moitié d’un mois de salaire). Certains n’auront rien. 15 % auront entre 4 et 6 %. Et environ 10 %, les « superformants », toucheront entre 8 et 10 %. C’est le manager qui décide du montant en fonction de la note donnée à l’entretien individuel. Les super-privilégiés toucheront la Part Variable Groupe (ex-PPG). Difficile de faire plus inégalitaire et arbitraire.

Un vote qui ne changera rien

Pour la première fois, lors de l’assemblée générale du 30 avril, les actionnaires pourront voter sur la rémunération de Ghosn en 2013. Mais cet avis sera consultatif et ne concerne pas sa rémunération future. De toute façon avec 3,12 % des droits de vote, les salariés n’ont aucun poids parmi les actionnaires. Et comme ceux-ci vont se partager 508 millions d’euros de dividendes… Pour se faire entendre, mieux vaut choisir d’autres formes d’action

Un PDG qui coute cher

En 2013, Ghosn a touché 3,4 millions d’euros de Renault : 1,23 millions d’euros de salaire fixe, 1,38 millions de prime variable (25 % cash, 75 % actions), 750 258 € de ses stock-options, 48 000 € de jetons de présence…. Et grâce à ses 255 200 actions Renault, il a aussi perçu 340 000 € de dividendes. La « modération salariale », c’est pour les autres.

Jepréparemaretraite.com

Les cadres dirigeants de Renault bénéficient d’une retraite supplémentaire maison. Ainsi la retraite chapeau de Ghosn pourra monter jusqu’à 45 % de sa rémunération d’activité. C’est ce qui s’appelle s’affranchir de l’incertitude du lendemain.

Emportés par la vague

Les déménagements ont commencé au bâtiment Logistique. Le CRP, la Ruche et l’Avancée suivront selon un calendrier ultraserré : 4500 salariés du TCR déménageront par vagues successives avant les congés, pour accueillir ceux de Rueil en septembre. Et ça coince déjà : les vagues suivantes ont été reportées. Pas le moment d’être absent et de trouver au retour son poste occupé et ses affaires envolées. Il va falloir apprendre à surfer sur la vague.

Chantage à l’emploi à durée indéterminée

La DRH de Renault s’en félicite dans une interview : « En un an, l’accord compétitivité Renault a permis de réduire de 4 % le coût du travail. » Mais « les concessions demandées aux salariés sont à durée indéterminée tandis que les engagements de la direc-tion sont à durée déterminée. » Pour que Renault s’engage encore, voyez l’Espagne qui en est à son 3ème « compromis social ». Les compromis, ça suffit !

Flins… de mission

A Flins, la direction de Renault veut supprimer une des deux équipes de production, suite à une baisse de production de la Zoé et des Clio 3 et 4.400 postes d’intérimaires seraient supprimés. Pour ceux qui resteront, ce sera des heures supplémentaires et plus de travail pour tenir la production sur une équipe. L’accord compétitivité devait apporter des volumes et des embauches, mais pas avant 2016. Si tout va bien. En attendant, ce sont les réductions d’effectif, les salaires bloqués…

Une grève qui paye

Les salariés de l’atelier Découpe-Plasma de Flins ont obtenu gain de cause après 13 jours de grève. La méthode utilisée sera modifiée pour que les salariés ne soient plus exposés aux fumées toxiques et cancérigènes. La grève : un bon moyen de faire valoir ses droits.

Le syndicat qui dérange

A Renault Cléon, CGC et CFDT refusent de signer l’accord d’intéressement local tant que la CGT ne le signe pas. Campagne de tracts, banderole anti-CGT… : tout est bon pour tenter de réduire l’influence de la CGT (52% aux élections), et de la faire rentrer dans le rang en accompagnant la politique salariale de Renault : des primes basées sur le présentéisme et le rendement en échange du gel des salaires. La direction se frotte les mains.