Catégorie : l’étincelle du 26 juin 2012

Les comptables demandent des comptes

Jeudi dernier, 80 salariés de la Direction de la Comptabilité, mais aussi d’autres directions, ont débrayé 2h au Plessis. Le transfert d’une partie de la comptabilité au centre de gestion Renault Retail Group de Boigny près d’Orléans dans le cadre d’E2F2, entraine la suppression de 49 postes au Plessis, et les reclassements promis se font attendre. Une mobilisation inhabituelle dans ce secteur. Et à renouveler !

Attaque générale

E2F2 : c’est le nom de code du plan de réduction des coûts et des effectifs lancée par la direction centrale de Renault. L’« Efficience Economique des Frais de Fonctionnement » (E2F2) concerne le tertiaire (Commerce, Marketing, Vente, Après Vente, Comptabilité, Ressources Humaines, Informatique…) mais aussi les fonctions supports de l’Ingénierie et de la Fabrication. Exemples : le plan « Vitesse » à l’informatique fixe un objectif de 27 % de gain de productivité d’ici 2016. Ou le transfert d’activité…

Passe ton badge d’abord

Vérification et régularisation des heures d’entrée et de sortie, gestion des alertes, emails supplémentaires… La mise en place du pointage s’accompagne d’une surcharge de travail. Ce n’était pas censé aider à « maitriser le temps de travail » ?

Les compteurs s’affolent

Le pointage permet surtout de vérifier que nous faisons trop d’heures et certains chefs commencent à faire la chasse aux compteurs trop pleins, quitte à demander sans ménagement aux salariés qui s’attardent de rentrer chez eux. Résultat : encore de la pression car il faut quand même faire le travail.

Un règlement pas dans les règles

L’inspection du travail vient de demander à la direction de revoir sa copie sur le nouveau règlement intérieur du TCR. Respect des horaires, usage des vestiaires ou du téléphone portable, fouilles, dépistage de l’usage de stupéfiants et d’alcool, déclaration des accidents de travail, perte d’outillage… : la direction a été épinglée sur son déni du respect des libertés individuelles et sa tendance à se défausser sur les salariés et les managers. L’inspection lui demande aussi de supprimer le paragraphe interdisant…

La vache à lait de l’Etat

La demande d’aide au secteur automobile formulée par Tavares a été « mise à l’étude » par Montebourg, le ministre du Redressement productif. Le précédent plan d’aides a coûté 1 milliard d’euros en prime à la casse et 1,2 milliards en bonus-malus écologique (en plus du prêt à taux réduit de 6 milliards à PSA et Renault) et gonflé d’autant la dette publique. Des aides versées sans réelle contrepartie, permettant à Renault de distribuer des bonus et des dividendes record…

Suppression des AGS : le retour

La direction centrale remet de nouveau en cause les Augmentations Générales de Salaires (AGS) des ETAM. Mêmes arguments qu’il y a deux ans : sanctionner la non performance, donner plus de marges de manœuvre aux managers… Et surtout diviser les ETAM pour mieux régner et réduire si possible l’enveloppe globale des augmentations. Alors comme en 2010 : c’est toujours NON !

L’individualisation : plus de perdants…

Un tiers des cadres, selon la lettre de transparence, a eu une Augmentation Individuelle (AI) inférieure aux AGS en 2012 : 24 % ont eu une AI de 1,5 % et 9 % des cadres ont eu 0 % d’AI ! Une proportion en hausse par rapport à l’an dernier. Et c’est ce système que la direction voudrait étendre aux ETAM !?

…et pas plus de gagnants

Toujours selon la lettre de transparence, 49 % des ETAM ont dû se contenter de 2 % d’AGS et 31 % ont eu 1 % d’AI en plus. 20 % des ETAM ont donc eu plus que 3 % (AGS+AI), soit à peu près le même pourcentage que les cadres (24 %), avec pour les deux catégories entre 4 et 6 % d’augmentation. Il est où l’avantage du système de rémunération des cadres censé mieux reconnaitre la performance ?

Course au fric cash flow

« La course au Free Cash Flow, une protection pour l’avenir » veut nous convaincre Tavares sur son blog. Vraiment ? Obtenu en réduisant les effectifs et en intensifiant le travail, le FCF sert à payer les dettes, les dividendes et réaliser des opérations financières (rachats…). Si ça plait aux banques et aux marchés, cette course au fric n’est pas la nôtre.

Le monde à l’envers

500 salariés de Sandouville sur 2400 devront aller à Cléon en septembre. A Douai, plus de 1 000 salariés sont détachés vers d’autres sites. Avec l’organisation actuelle des usines, ce sont les salariés qui doivent prendre leur baluchon. Et si on faisait l’inverse : répartir la production selon les effectifs ?