Catégorie : l’étincelle du 18 avril 2011

Salaires : toujours pas le compte

Selon les quotas des plans de promotion, 54 % des APR et des ETAM n’auront aucune augmentation individuelle (AI) et 20 % des cadres auront moins que les 1,7 % d’AGS (Augmentation Générale des Salaires). Cela se confirme depuis mercredi 13 avril, début des annonces des augmentations et primes individuelles. Les 1,1 % d’AI en moyenne pour les APR ETAM et les 3 % pour les cadres sont toujours loin de compenser ce qu’on a perdu ces deux dernières années,…

Pas des gosses de Ruche

Avec 400 salariés, le rassemblement de vendredi dernier dans le hall de la Ruche a encore été un succès. C’était le 9ème sur les salaires depuis le début des NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) le 27 janvier. Un record, alors que souvent la mobilisation retombe à la fin de ces pseudo négociations. Et si on s’y mettait encore plus nombreux ?

On dirait qu’ils n’ont pas assez les jetons

Lors de l’assemblée générale des actionnaires du 29 avril, la direction de Renault veut faire voter une résolution faisant passer le montant des jetons de présence au conseil d’administration de 30 000 € en 2010 à 47 000 € en 2011, puis à 63 000 € en 2012. Soit 110 % d’augmentation ! Chiche : on élargit le conseil d’administration à tous les salariés, ce qui permettrait au passage de contrôler ce qui s’y passe.

La carotte

Le 29 avril, l’AG des actionnaires doit voter sur un système d’attribution de stock-options et d’« actions de performance » aux salariés. Celles-ci seront conditionnées à l’atteinte d’objectifs de marge opérationnelle et de free cash flow. Alors que la part fixe des rémunérations décroche, le but des gros actionnaires est de faire miroiter aux salariés le versement d’une part variable pour qu’ils crachent du cash. Mais c’est la réduction de la part variable (primes de performance, d’intéressement…) qui a le…

Ethique et toc

En guise de « profonds changements » annoncés le 11 avril suite à la vraie-fausse affaire d’espionnage, la direction renomme le « Comité compliance » en « Comité d’éthique ». Le « Comité des comptes et de l’audit » devient le « Comité de l’audit des risques et de l’éthique » et une mission est chargée de réfléchir sur une refonte de la sécurité interne du Groupe. C’est tellement profond qu’on ne voit rien changer.

Capitaine sabordeur

Les changements annoncés suite au flop de l’affaire d’espionnage se voient autant que les augmentations de salaire. Avec le changement de quelques têtes au Comité Exécutif du Groupe, on prend (presque) les mêmes et on recommence. Quant au PDG, non seulement il n’est pas question qu’il démissionne mais il demande aux salariés de « serrer les rangs » autour de lui. Interviewé par le journal Les Echos, Ghosn a déclaré, sans rire, que « pendant une crise, un capitaine n’abandonne…

Zéro pointé

Il n’y a pas d’outil miraculeux pour lutter contre les heures supplémentaires. Encore moins si la direction n’a que les mots de productivité et de free cash flow à la bouche. Au mieux le pointage ne changera rien à la situation actuelle où la récupération ou le paiement des heures supplémentaires dépendent du bon vouloir de sa hiérarchie. Au pire, le pointage rimera avec flicage. La seule solution contre les heures supplémentaires est de ne pas en faire. Aucune pointeuse…

Décompte non rémunéré

Avec le pointage aux tourniquets, la direction prévoit un compteur qui enregistrera les écarts par rapport aux horaires de référence. En cas de solde négatif, la direction voudrait débiter des jours de congés ou carrément du salaire. Par contre, un simple « entretien avec le responsable hiérarchique » est prévu en cas de solde positif. Le projet risque encore d’évoluer, mais la philosophie de la direction, elle, ne change pas.

Pas d’illusion à se faire

Selon le projet d’accord sur le pointage, ce sera toujours la même hypocrisie sur les heures supplémentaires qu’avec la DIDET : tant qu’elles n’ont pas été « préalablement demandées et validées par la hiérarchie », elles ne sont pas prises en compte. Les heures créditées en positif dans le compteur sont « considérées comme des heures normales et non comme des heures supplémentaires », puisqu’elles « résultent d’un libre choix du salarié. » Comme si la charge de travail et…