Catégorie : l’étincelle du 15 janvier 2019

Des hauts et débats

Décidément rien ne marche pour faire rentrer les Gilets jaunes dans le rang. Après la série de meetings de Macron prenant des airs de campagne électorale, quelques milliers de ses partisans ont tenté une opération « Foulards rouges » en scandant des slogans en soutien à la police et pour le rétablissement de « l’ordre républicain ». Pas de quoi changer la donne. Reste le « Grand débat » dans lequel Macron a entraîné des maires, des politiciens de gauche…

L’ardeur de la jaunesse

Macron, avec sa morgue coutumière, a exhorté vendredi dernier les salariés à retrouver le « sens de l’effort » et « l’engagement au travail ». C’est bien connu : les femmes de ménage, aides-soignantes, ouvriers et tous ceux qui se mobilisent depuis deux mois car ils n’en peuvent plus de travailler pour des salaires minables se tournent les pouces, peinards. Samedi, les « fainéants » en gilets jaunes ont répondu à Macron de la meilleure des manières en manifestant en…

A pour Augmentation, pas Aumône

Selon les lettres de transparence, 9,5 % des Cadres et 27 % des ETAM n’ont eu aucune Augmentation Individuelle en 2018. Les ETAM ont quand-même vu leur salaire augmenter d’un tout petit 1% grâce aux AGS (Augmentation Générale de Salaire). La meilleure façon d’éviter qu’il y ait autant de laissés pour compte en 2019, ce sera que les AGS soient vraiment « Générales », y compris pour les Cadres, et qu’elles représentent une vraie « Augmentation », pas une aumône.

La prime qui n’a rien d’exceptionnelle

A Renault, la prime exceptionnelle obtenue grâce aux Gilets jaunes sera de 500 € pour ceux qui ont gagné jusqu’à 36 000 € en 2018 (brut annuel Sécurité Sociale), et de 300 € jusqu’à 54 000 €. La plupart des salariés du Technocentre toucheront donc au plus 300 € pour les ETAM (la prime est même proratisée pour les temps partiels et en cas d’absence), voire rien pour la plupart des Cadres. Pour regonfler son pouvoir d’achat, il va falloir…

Et de trois !

  Emprisonné au Japon depuis le 19 décembre, Carlos Ghosn était déjà inculpé pour avoir minoré de moitié ses revenus chez Nissan entre 2010 et 2015. Il est désormais visé par deux nouvelles inculpations : l’une pour des faits similaires sur la période allant de 2015 à 2018, et l’autre pour « abus de confiance aggravé », après avoir fait encaisser à Nissan ses pertes personnelles lors de la crise de 2008. On attend la suite.

Du beau, du bon, du bonus

Selon le journal Les Echos, Carlos Ghosn aurait également touché plus de 7 millions d’euros via Nissan-Mitsubishi BV, une structure, fondée en 2017 aux Pays-Bas, qui permettait de verser des bonus aux dirigeants de Nissan et de Mitsubishi ayant réalisé des synergies entre les deux sociétés. Ghosn aurait touché 1,46 million d’euros lors de son embauche à NMBV, en plus de son salaire annuel de 5,82 millions d’euros ! S’il y a eu complot, il semble qu’il ait été à l’initiative…

Un pour tous, tous pourris

  Après l’inculpation de Greg Kelly, c’est José Munoz, directeur des opérations nord-américaines de Nissan entre 2014 et 2018, qui a préféré démissionner suite à une enquête sur la nature de ses liens avec des fournisseurs et des concessionnaires. Jeudi dernier, la direction de Renault est venue au secours de Mouna Sepehri, soupçonnée d’avoir touché 500 000 € de RNBV, alors qu’elle était une des trois membres de son comité de rémunération avec Ghosn et Kelly ! On comprend pourquoi…

L’évadé fiscal avait des complices

  Le journal Libération a révélé que Carlos Ghosn n’était plus résident fiscal en France depuis 2012. A cette date, pour échapper à l’ISF, il s’était domicilié fiscalement aux Pays-Bas, un des plus importants paradis fiscaux de l’Union européenne. Bruno Lemaire, le ministre de l’économie, suite à ses révélations à fait mine de s’en indigner et demande des « explications à Renault ». Comme si les services des impôts français n’étaient pas au courant !

Juré, sur la tête de Le Maire !

  Bruno Lemaire avait lui-même déclaré à la radio peu après l’arrestation de Ghosn en novembre, qu’après vérification des services de Bercy, « il n’y avait rien de particulier à signaler sur la situation fiscale de M. Ghosn en France ». Or ses services étaient parfaitement au courant de son évasion fiscale aux Pays-Bas, qui relève en fait de la fraude au fisc français puisque Ghosn était censé résider 183 jours par an aux Pays-Bas pour y être résident fiscal.…

Le protectionnisme des dividendes

  General Motors, 1er constructeur américain et 4ème mondial, veut fermer plusieurs de ses usines au Canada et aux Etats-Unis et supprimer 14 700 emplois pour réduire ses coûts… et assurer la prospérité des actionnaires. Les rodomontades protectionnistes de Trump n’ont visiblement aucun effet pour la sauvegarde des emplois. Entre les intérêts des actionnaires et des salariés, Trump a choisi. Les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs luttes.