Mois : juin 2019

Acte II : pas de coup de théâtre

La semaine dernière, le Premier ministre Édouard Philippe a présenté « l’acte II » de la présidence Macron. Le gouvernement compte continuer ses réformes au service des plus riches. Il compte les imposer sans faire de remous, une fois les élections européennes passées, tout en misant sur le fait que les dernières manifestations de Gilets jaunes rassemblent moins de monde. Mais les cendres sont encore chaudes. Et voilà que s’étend la grève des urgences, ce miroir grossissant de l’ensemble de la situation…

Audit soit-il !

Cette semaine les ateliers du Technocentre passent l’audit HSE (Hygiène Sécurité Environnement). La hiérarchie est sur les dents pour éviter la même note qu’Aubevoye qui a écopé d’un D (insatisfaisant). Les chefs ont multiplié les pré-visites pour vérifier que tout est bien rangé, étiqueté, affiché… Craignent-ils d’être cloués au pilori si leur secteur est mal noté, ou toucheront-ils une prime en cas de bonne note ?

Par-audit

Pendant que les chefs s’activent sur l’audit HSE, la plupart des prestataires échappent à leur attention : entassés dans les secteurs les plus ingrats, sans véritables postes de travail… La direction a même inventé un terme pour cela : le « schéma 3 debout ». Des prestataires qui ne sont ni en « schéma 3 » (c’est-à-dire avec un poste de travail au TCR), ni en « schéma 4 » (c’est-à-dire travaillant dans leur société de prestation). Mais que font les auditeurs ?!

Confusion des peines

Missions annulées, projets stoppés, lancements d’outillage repoussés… La direction veut réduire les coûts d’au moins 5 % par an. Fusion ou pas, c’est surtout la transfusion des économies vers les profits.

Le retour du « péril jaune »

A l’Assemblée Générale des actionnaires de Renault du 12 juin dernier, Jean-Dominique Senard, le nouveau président de Renault, a justifié le projet de fusion avec Fiat par la menace d’un futur « tsunami » de la concurrence automobile chinoise. Après la « piste chinoise » dans l’affaire des faux espions de Renault, le « complot » japonais de Nissan pour destituer Ghosn, voici l’invasion du frelon motorisé asiatique. Un pour tous, tous derrière Jean-Do !

EuroMilliard

A l’AG du 12 juin, le vote sur l’attribution des dividendes a fait un tabac : 99,75 % des actionnaires ont voté pour ! A 3,55 euros par action, cela fait plus d’un milliard d’euros de dividendes à se partager. On n’est jamais mieux servis que par soi-même.

L’éthique de langage

L Le Conseil d’Administration de Renault a tiré un trait sur Ghosn et promis-juré qu’on ne l’y reprendra plus. La preuve : il a créé un Comité de l’éthique et de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise, dirigée par l’ancienne présidente du comité des rémunérations, Marie-Annick Darmaillac. On a pu en effet juger son sens de l’éthique des rémunérations sous l’ère Ghosn. Darmaillac est même mise en cause dans une enquête pour trafic d’influence au profit du milliardaire Vincent Bolloré dont elle…

Investir ou s’enrichir, il faut choisir

Les investissements nécessaires au développement de véhicules autonomes, connectés et non polluants auraient motivé le projet de fusion avec Fiat, selon la direction de Renault. Celle-ci dispose pourtant de 3,5 milliards d’euros de trésorerie, sans compter les milliards d’euros versés au fil des ans en dividendes, primes ou actions gratuites pour les dirigeants…

Un amour de l’argent fusionnel

Le projet de fusion prévoyait de verser des dividendes exceptionnels aux actionnaires des deux groupes. Pour ceux de Fiat, 2,5 milliards d’euros pour compenser une capitalisation de Renault inférieure à celle de Fiat. Et pour les actionnaires de Renault, 750 millions d’euros pour compenser la sous-valorisation des actions Renault au moment de la fusion. De quoi avoir des actionnaires (à) pro-fusion

Etat soeur

Selon Senard, le ministre de l’économie aurait fait capoter la fusion entre Fiat et Renault car il demandait 5 jours de réflexion supplémentaires ! Qu’importe, pour les patrons, l’Etat ne doit pas se mêler des entreprises… sauf pour sauver les actionnaires de la banqueroute ou leur verser des subventions. Quant à Bruno Le Maire, c’est le ministre des promesses aux salariés, mais qui laisse Ford fermer à Bordeaux ou GM&S licencier dans la Creuse. Le Maire promettait même de faire passer…

Un anglais à Paris

Mike Manley, le Directeur Général de Fiat Chrysler Automobile (FCA), a été vu la semaine dernière à Paris. De quoi relancer les rumeurs d’une reprise des négociations sur la fusion. A moins qu’il ne soit venu pour des affaires « personnelles ». Il confond souvent les deux. Comme lorsqu’il vend 250 000 actions de Fiat le 27 mai, juste après l’annonce du projet de fusion avec Renault, empochant ainsi 3,11 millions d’euros. Manley aurait encore 700 000 actions Fiat, de quoi voir venir. FCA…

La Corée à cri

1800 ouvriers de Renault-Samsung à Busan en Corée du Sud ont obtenu une prime de 10000 dollars chacun, suite à une semaine de grève pour des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Comme quoi par-delà les frontières, les ouvriers, comme les techniciens et les ingénieurs, partagent les mêmes revendications et les mêmes moyens d’action… quoiqu’en disent les nationalistes.

Fin de la trêve électorale

À peine les bureaux de vote bouclés, gouvernement et patronat n’ont pas attendu 48 heures pour multiplier les annonces de suppressions d’emplois. Bruno Le maire, chargé du service après-vente, s’est rendu hier à Belfort sur le site de General Electric qui veut supprimer 1044 postes. Accueilli sous les huées et les sifflets par 900 personnes, dont des gilets jaunes, le ministre de l’économie a tenté de rassurer les salariés en leur montrant que le gouvernement était de leur côté. Peine…