Jour : 9 juin 2017

C’est pas la fête au village

Après deux ans et des millions d’euros de travaux, Carlos Ghosn a inauguré la semaine dernière les nouveaux locaux du Design. Son directeur, Van den Acker, se targue d’avoir « recréé l’esprit d’un village » en abattant les cloisons séparant les espaces de travail, ou en les remplaçant par des surfaces vitrées… au détriment de l’intimité. Surtout que les salariés du Design sont priés de ne pas trop personnaliser leur espace de travail, pour ne pas altérer le clinquant des lieux et…

Pitch, Poc and MOP

Renault lance un nouveau concours interne Pitch & Poc. Aux salariés de « trouver des solutions digitales développant les profits », en espérant gagner, pour les plus chanceux, un séjour à Las Vegas, un Mac Book Air ou une montre connectée. Siphonner les idées des salariés pour faire du profit, en leur distribuant des babioles : c’est le pitch gagnant !

Social washing

Le 2 juin, des sociétés et associations financées par Mobiliz Invest s’exposaient dans le hall de la Ruche. L’occasion de faire la pub de Mobiliz Invest, une filiale que Renault présente « au service de l’entreprenariat social ». En fait, Mobiliz ne peut pas dépenser plus de 10 % de ses fonds en projets « solidaires », contre 55 à 80 % en placements financiers conventionnels. Et comme Mobiliz est financée par un plan d’épargne salariale, Renault fait en plus sa pub… grâce à l’argent des…

La direction nous met dehors

Histoire de montrer qu’il fait bon vivre au Technocentre, la direction organise un pique-nique le 21 juin. A moins que ce ne soit sa solution à l’engorgement des cantines ? On peut même commander son sandwich et ses chips chez Elior. Pique-niquer, c’est sympa entre amis ou en famille. Ça l’est moins quand c’est la direction qui l’organise.

Les coups tordus de Renault et PSA

Les salariés du fournisseur automobile GM&S à La Souterraine, menacé de fermeture, ont été encore trahis. Le 21 mai, un communiqué du ministère de l’économie annonçait que Bruno Le Maire avait obtenu que Renault et PSA augmentent leurs commandes pour sauver le site. Ils avaient donc repris le travail et rangé les bonbonnes de gaz. Jeudi 31 mai, ils ont appris que cette promesse ne sera effective qu’en… 2018, alors qu’ils doivent trouver un repreneur avant le 30 juin 2017.…

Ça tasse ou ça casse

La plupart des plateaux sont saturés au Technocentre. Du coup, la direction a lancé une opération « optimisation 2017 ». Jusqu’à deux ou trois mille salariés devront avoir déménagé entre mai et juillet, avec au passage une réduction de la taille de certains bureaux afin de créer de nouveaux postes de travail. Caser plus de monde dans le même espace et au moindre coût : c’est le partage de la misère. 

Les sacrifiés d’Intel

Renault rachète la R&D d’Intel France : 400 salariés basés à Toulouse et Sofia Antipolis vont travailler (sous un statut encore très flou) sur le développement des véhicules connectés et autonomes. Alors qu’Intel voulait fermer cinq sites en France, la presse salue le sauvetage des emplois par Renault… en omettant de dire que 350 salariés des sites Intel de Nantes, Aix-en-Provence et Montpellier restent sur le carreau.

Renault assure ses arrières

Selon Mediapart, Renault, PSA et Auchan bénéficient des largesses fiscales de l’ile de Malte. Ces sociétés y localisent leurs activités d’assurance, souscrite par les clients de leurs banques maison. Renault a ainsi économisé 62 millions d’€ d’impôts. Une « optimisation » qui creuse le déficit public.

Le retour des frondeurs

Alors que l’AG des actionnaires de Renault a lieu le 15 juin, trois groupements d’actionnaires (CTW, Proxinvest et RAIR) ont saisi l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) afin de défendre les intérêts des actionnaires de Renault. Ils dénoncent le manque de transparence des décisions prises par RNBV, la filiale commune Renault-Nissan basée aux Pays-Bas, et la concentration des pouvoirs entre les mains de Ghosn. Oui, il faudrait imposer transparence et répartition des pouvoirs. Mais seuls les salariés en seraient capables : en…

Danse avec les millions

Les actionnaires vont devoir se prononcer sur le salaire de Ghosn. Pour éviter un nouveau pataquès, Ghosn accepte de baisser sa rémunération de… 3 % ! Il ne toucherait « plus que » 7 millions d’euros rien que chez Renault, dont 4,63 millions grâce à l’attribution de 100 000 actions gratuites, évaluées 46,30 € chacune. Ce qui est sous-évalué vu le cours actuel de l’action Renault (autour de 85 €). Indécent !

Les vrais assistés

La résolution qui ne posera pas problème est celle qui augmente le dividende par action de 2,4 à 3,15 € (+31%). Les actionnaires se partageront 917 millions, soit deux plus que le trou de la Sécu. Prélever sur les dividendes pour financer la Sécu : ce serait ça, de la vraie Responsabilité Sociale de l’Entreprise !