Jour : 24 juin 2014

La seule voie, celle de la lutte

La grève des cheminots arrive très probablement à quai, après dix à douze jours où des dizaines de milliers d’entre eux ont tenu tête au gouvernement et à la direction de la SNCF. Une chose est sûre : ils ont eu mille fois raison de se mettre en grève. Bravo aux cheminots qui ont dit non Certes la réforme ferroviaire pouvait paraître bien obscure. Mais derrière cette réforme, se tenaient en embuscade des menaces précises contre leurs conditions de travail…

Quand le stylo démange…

L’Accord National Interprofessionnel (ANI) signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CGC en 2013, et applaudi par le gouvernement, oblige les entreprises à souscrire un contrat collectif de mutuelle obligatoire pour leurs salariés avant 2016. L’accord compétitivité Renault a avancé d’un an cette obligation. On n’était pas si pressé.

Tous les salariés passeront à la caisse

L’argument avancé pour imposer les mutuelles en entreprise était de mieux couvrir les 3,5 millions de salariés du privé qui n’en ont pas. Mais pourquoi ne pas commencer par arrêter de baisser les remboursements de soins par la Sécurité Sociale, voire de les prendre totalement en charge ? En fait, c’est surtout un marché qui échappait à AXA, Médéric-Malakoff et autres assureurs privés.

La liberté de se taire

L’immense majorité des salariés du TCR sont déjà couverts par une mutuelle, dont 60 % par la Mutuelle Renault. Ils devront l’abandonner pour la mutuelle obligatoire, même si celle-ci est moins avantageuse. La loi prévoit de rares cas de dispenses, comme pour les salariés couverts par la mutuelle obligatoire de leur conjoint(e). Tu parles d’une avancée sociale.

Tour de passe-passe fiscal

L’ANI prévoit que l’employeur financera au moins 50 % des cotisations à la mutuelle obligatoire, des sommes qu’il déduira de l’impôt sur ses bénéfices. Les salariés pourront aussi déduire leurs cotisations des impôts, mais devront déclarer la part employeur comme avantage en nature. Une opération nulle.

La maîtrise des dépenses… de Renault

Les prises en charge de la future mutuelle obligatoire devront « assurer la maîtrise des dépenses de santé ». Les remboursements de base seront donc limités. Et comme la loi n’oblige pas l’employeur à subventionner les options, elles devraient être à la charge du salarié. Bref, pour être bien couvert, notamment en cas d’handicap ou de problèmes de santé spécifiques, le salarié devra payer. Sans oublier qu’à la retraite, la cotisation double car l’employeur ne cotise plus. La générosité a…

Et pourquoi pas une rue de la soif ?

Alors que les queues s’allongent aux selfs et chez Paul, ça ne va pas s’arranger avec l’arrivée de Rueil. Mais au lieu d’augmenter la taille ou le nombre de selfs, la direction préfère créer, cet été, une sorte de snack dans la Ruche à côté de chez Paul, avec des stands de restauration rapide, baptisé pompeusement « Food Street ». Manière d’inciter les salariés à manger sur le pouce et à retourner vite travailler ?

Le budget Recherche n’innove pas

Un budget Recherche et Etudes Avancées en baisse de 11 %, et qui passe de 188 millions en 2013 à 167 en 2014. Des effectifs en baisse eux aussi, de 951 équivalents temps plein en 2013 à 848 en 2014. A la Recherche comme ailleurs, il faut faire mieux avec moins. Qui a dit que l’innovation était prioritaire ?

De quoi je me mail !

Les salariés n’ayant pas signé leur bilan 2013 ont reçu un mail de la DRH France leur enjoignant de « faire le nécessaire » car leur bilan était « en attente de signature sur l’outil Talent@Renault ». Alors puisqu’on en est aux rappels : signer son bilan n’est pas obligatoire. Et ceux qui ne l’ont pas fait avaient surement de bonnes raisons.

TravelDur

Selon Clic’infos, TravelDoo « dépasse toutes les espérances ». L’outil de réservation des déplacements professionnels a contribué à réduire, depuis 2011, de 30 % les dépenses de voyage et de 20 % les réservations. Une politique voyage au détriment des salariés : vols allongés pour cause d’escales imposées, hôtels imposés, déplacements supprimés, suppression du remboursement au forfait, difficultés à faire rembourser ses notes de frais… Le logiciel informatique a remplacé les spécialistes du sujet. Ce qui fait d’une réservation, parfois…

Double peine pour les apprentis

Chez Renault, les apprentis bénéficiaient d’une « prime d’obtention de diplôme » de 10 % du total des rémunérations perçues durant leur apprentissage, à l’instar de la prime de précarité versée aux CDD s’ils ne se font pas embaucher. Mais cette prime a été supprimée… alors que Renault décidait de ne plus embaucher les apprentis.

Des inégalités tenaces

Pour ses 4 ans, la direction célèbre le réseau Women@Renault comme un « agitateur d’idées ». Mais derrière la com’, on est loin de l’égalité entre femmes et hommes : les femmes continuent d’être payés 20 % de moins en moyenne, et même le top 10 des rémunérations Renault reste un club exclusivement masculin. Agiter des idées ou brasser du vent, la différence n’est pas flagrante.

Une formation alibi

Tous les managers, des directeurs aux chefs d’UET, vont être formés à la « qualité de vie au travail » (QVT) après l’été. Ils apprendront comment bien manager, détecter un salarié en difficulté, ou bien qu’il n’existe plus désormais de bon ni de mauvais stress. Mais pas question de s’attaquer aux causes du mal être au travail.