Jour : 18 février 2014

Négociations obligatoires, augmentations facultatives

0.8 % d’augmentation en moyenne des salaires en 2014 : c’est le résultat des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) du vendredi 14 février. Et encore, nombre de salariés n’auront rien du tout. Pour les APR (Agents Professionnels Renault), ce sera 0,5 % d’Augmentation Générale des Salaires (AGS), avec un talon de 100 €/an (8€/mois) et 0,3 % d’AI. Une aumône.

Disparition des AGS : au voleur !

Cette année comme en 2013, les ETAM n’auront pas d’AGS. Côté Augmentations Individuelles, ce n’est guère mieux : 0,8 %. Une moyenne, car 50 % des ETAM n’auront pas d’AI. La direction va même plus loin dans l’individualisation des rémunérations en mettant en place une prime de performance individuelle : 500 € pour 40 % des ETAM. Loin de récompenser soi-disant les meilleurs, l’objectif est de justifier le coup de froid sur les salaires, en mettant les salariés en compétition.…

Beaucoup pour peu, peu pour beaucoup

Les cadres auront droit en 2014 à 1 % d’AI. Les plus hauts cadres toucheront une bonne PPG (Prime de Performance Groupe ou PVG, Part Variable groupe). Mais beaucoup n’auront pas d’augmentation et une petite Prime de Performance Individuelle (PPI), voire pas de prime du tout. Des AGS pour les cadres : c’est le mode de rémunération qui serait le plus juste.

A quoi ça sert de faire des bénefs ?

En 2013, Renault a fait 1,2 milliard de marge opérationnelle (3 % du chiffre d’affaire) et 586 millions d’euros de bénéfice net. Mais qu’est-ce que ça rapporte aux salariés à part des destructions d’emplois, le gel des salaires et la détérioration des conditions de travail ? Il est temps que ça change.

1,7 milliard dans le porte-monnaie

2,5 milliards de Free Cash Flow cumulé sur 3 ans, c’est 500 millions de plus que l’objectif fixé. Résultat : Renault possède 1,7 milliards de liquidités rien que pour sa branche auto. De quoi financer des embauches et des augmentations de salaire.

Chers actionnaires…

Les actionnaires ne seront pas pénalisés par la baisse des dividendes venant de Nissan : ils toucheront 1,72 euros par action comme l’an dernier (508 millions d’euros de dividendes versés en 2013). La direction de Renault a en effet décidé de combler cette baisse par un apport exceptionnel de 105 millions d’euros de dividendes pris directement sur les bénéfices de Renault, une première depuis 2008. Une direction aux petits soins pour ses actionnaires.

La mondialisation des licenciements

Pas sûr que les salariés qui ont posé des questions à l’Open Forum du 13 février soient rassurés. Aux Roumains inquiets de l’avenir de Pitesti mis en concurrence avec Tanger, Ghosn a répondu que l’avenir de chaque site dépendra de sa performance. Quant aux questions des Russes sur les réductions d’effectif, Ghosn a déclaré qu’il avait toute confiance dans le nouveau directeur, Bo Andersson, pour « transformer » Avtovaz. Alors qu’un quart des 102 000 emplois a déjà été supprimé…

Les réductions d’emplois tuent l’emploi

80 % des véhicules fabriqués après 2016 devraient l’être sur des plateformes communes Renault-Nissan. La part des modules communs devrait aussi doubler. C’est l’objectif de Ghosn. Mais ces synergies signifieront-elles un travail commun ou une mise en concurrence des bureaux d’études de Renault et de Nissan ? Qui concevra ces plateformes et ces modules, alors que la baisse des effectifs de l’Ingénierie au Technocentre met en danger ses capacités d’études ? Pour briser ce cercle infernal, il faut embaucher.

Indicateurs, mais de quoi ?

La prime de performance établissement est en baisse, plombée par les indicateurs qualité, formation ou coût (TDC) : 587 € en 2014 contre 802 € en 2013. Les salariés n’ont pas à payer les conséquences de la politique de la direction : V3P, plan de formation…

Après le Pascal*, le Carlos

Le Conseil d’Administration, dans sa grande bonté, a décidé de compléter l’enveloppe intéressement de 11,3 millions d’euros. Tout juste le salaire de Ghosn en 2012. Pour chaque salarié, ça ne fera que 310 € de plus sur sa prime. On ne joue pas dans la même cour. * billet de 500 francs

Forum externalisation

Il n’y avait pas foule au forum emploi du 11 février dans la Ruche. Les offres d’emplois chez Assystem, Altran ou Bertrand n’ont pas fait recette. Jusqu’à maintenant, c’étaient les prestataires qui cherchaient à se faire embaucher chez Renault. Pas l’inverse.

Y’AKKA pas lâcher

Vendredi dernier, les salariés d’AKKA étaient appelés à débrayer contre une modification du remboursement de leurs frais professionnels, qui leur ferait perdre de 300 à 1000 € par mois. Toulouse, Lyon, Grenoble, Belfort, Valence, une centaine à Guyancourt… Une mobilisation qui doit s’amplifier.