Jour : 10 décembre 2013

Trop de mots pour être honnête

Coeur, non-coeur, sensibles, critiques… Le tout appliqué tantôt aux compétences, tantôt aux métiers, aux fonctions, aux emplois, aux postes, aux activités… L’inventivité de la direction paraît sans limite. Il n’y a pas mieux pour noyer le poisson, et faire oublier l’objectif essentiel : réduire de 20 % les effectifs d’ici 2016.

Pour résister, il faudra jouer collectif

Officiellement, chaque salarié devait être informé avant fin novembre sur sa fonction et son orientation GPEC (critique, sensible, stable). Mais les redescentes d’information sont très inégales selon les services et suscitent plus de questions que de réponses. La prochaine phase d’information devrait se dérouler lors des entretiens individuels. Histoire de régler le sort de chacun séparément.

100 % plan com’

Chaque salarié a reçu la plaquette « Perspectives compétences : 100 % informé » qui présente le référentiel 2013 des compétences critiques et sensibles. Qu’en sera-t-il en 2014 ? Mystère. Il faudra attendre le référentiel 2014 en… décembre 2014 ?! Cette plaquette ne dit rien sur le devenir des salariés en emploi sensible : y aura-t-il des reclassements internes pour tous, lesquels, quelles sont les formations prévues, pour quels profils, etc. ? Ce n’était pas la peine de dépenser tant…

La perfide Albion a encore frappé

Les secrétaires/assistantes sont classées en compétences sensibles si elles n’ont pas au moins 750 au TOEIC. Alors que nombre d’entre elles se sont vu refuser des formations d’anglais au cours de leur carrière, cela devient maintenant le critère de sélection. Tout ça pour justifier la réduction du nombre d’assistantes. Et demain, qui devra avoir le TOEIC pour ne pas être classé sensible ?

La valse des étiquettes

Lors des premières phases des réorganisations, un grand nombre de salariés ont vu leur fonction changer. Rebelote avec la phase 2. Raison de plus de se méfier des tableaux diffusés sur les fonctions cœur et non-coeur.

Job degrading

Le déploiement du Job Grading, annoncé en 2012, a du plomb dans l’aile. Les ingénieurs et cadres devaient être informés de la cotation de leur poste en 2013, mais seulement oralement. Et beaucoup n’ont eu aucune information. Mais ces cotations pourraient être remises en cause : la direction est en train de revoir sa copie. Quant aux ETAM, qui devaient être côtés en 2014, le job grading est reporté sine die. Sur ce point, on ne s’en plaindra pas.

La Centrale externalisée : un cas d’école

La gestion de la Centrale, qui alimente en énergie le TCR, est reprise par Cofely en janvier 2014. La dizaine de techniciens Renault qui y travaillent doivent soit passer chez Cofely s’ils veulent garder leur travail, soit trouver un reclassement en interne. Dans les deux cas, ce serait avec une perte mensuelle de 800 à 1 000 €. Et comme peu de postes en interne correspondent à leur profil, certains se voient proposer des postes sur chaine à Cléon, d’autres…

Grève victorieuse à Renault Lardy

Une vingtaine de salariés d’ISS (logistique, navettes et magasins de Renault Lardy) ont fait une semaine de grève contre les conditions de reprise du contrat par Vestalia en 2014. Leur détermination a fait reculer les directions d’ISS, de Renault et de Vestalia : reprise par Vestalia de tous ceux qui veulent rester (avec maintien de la rémunération, de l’ancienneté et sans période d’essai), ou prime extralégale de 1975 € par année d’ancienneté pour ceux qui veulent partir. De quoi donner…

Renault et le social : éthique en toc

Saisi par des salariés de Vestalia, qui demandent leur transfert chez Cofely et Docapost (qui reprennent au TCR la Maintenance et le Courrier en 2014), le conseil des Prud’hommes de Boulogne-Billancourt épingle Renault, qui « est à l’origine de la situation des salariés en refusant à prendre en compte la dimension sociale de l’opération en intégrant leur transfert dans le cadre des appels d’offres. » La charte éthique sur la responsabilité sociale et sociétale de Renault (« Le personnel du…

Quand Renault recycle des tortionnaires

Juan Antonio Gonzalez Pacheco a été embauché comme chef de la sécurité de Renault Espagne en 1982. Il était auparavant officier des forces de sécurité de Franco, et surnommé Billy the Kid pour ses méthodes expéditives rappelant celles du Far West. Il est aujourd’hui poursuivi pour tortures et crimes contre l’humanité par la justice argentine. On connaissait les rapports troubles de Renault avec le franquisme (l’usine de Valladolid a ouvert en 1965, sous la dictature). De là à recycler ses…

Retraite-chapeau : Ghosn bat Varin

Carlos Ghosn bénéficie d’une retraite-chapeau encore plus avantageuse que celle de Varin, le PDG de PSA. Celle-ci peut aller jusqu’à 30 % de sa rémunération d’activité (comme pour tous les membres du CEG). Avec 2,7 millions gagnés en 2012, la retraite chapeau de Ghosn serait donc de 810 000 €/an. Bien mieux que les 300 000 € de Philippe Varin.