Mois : mars 2013

L’entreprise, machine à évaluer

Le mot fleure bon l’école et la distribution des prix. L’évaluation en a d’ailleurs adopté les codes avec empressement : elle donne souvent lieu à des notes, à des appréciations, voire des classements de fin d’année. Au point que certains salariés ont parfois la curieuse impression de se retrouver sur les bancs du collège. A une différence près : les “félicitations”, ces décorations un peu désuètes décernées par les conseils de classe, ont été traduites en langage managérial – dans…

La compétitivité selon Renault : une casse sociale et des emplois

France : la direction de Renault dévoile ses projets Après l’Espagne, Renault veut obtenir un “accord de compétitivité” en France (sites concernés : Fabrication et Ingéniérie-Tertiaire Renault et filiales). La direction dévoile ses projets au compte-gouttes lors de réunions avec les représentants syndicaux centraux.   1ère réunion : 6 novembre 2012 Cadre des négociations “Dans le cadre d’un accord global sur l’ensemble des mesures proposées au cours du cycle de négociations, la direction pourrait s’engager à ne pas fermer d’usine en France”. Thèmes abordés lors des prochaines réunions : Modes de fonctionnement…

Un accord, c’est déjà trop. Alors deux !

« Notre processus est indépendant des accords nationaux », selon Gérard Leclercq qui négocie pour Renault l’accord de compétitivité. « C’est bien qu’il existe des accords nationaux, ils donnent un cadre et une référence légale. Ils  peuvent aussi servir de complément à notre accord. » Une raison de plus d’aller manifester à Paris mardi 5 mars.

Ingénierie : Non à l’externalisation

L’accord de compétitivité prévoit le transfert à des prestataires des « activités d’ingénierie non cœur de métier correspondant à l’équivalent de l’activité de 1 000 personnes. » Secteurs visés : conception détaillée, développement après les phases d’architecture générale ou encore validation des sous-systèmes. Le projet doit passer à un CCE sur l’ingénierie en avril avant de pouvoir être appliqué. La direction présente cette externalisation d’un millier de salariés Renault comme un « renforcement de la filière auto France » !…

Les crève-cœurs

A l’IV, les managers doivent faire remonter le découpage de leur secteur en cœur de métier et non cœur de métier. Mais la direction centrale n’est jamais satisfaite et fait refaire sans cesse les copies. Encore un peu et les remontées colleront, comme par magie, au plan tout-prêt de la direction.

Toujours pas d’accord

La réunion du 19 février sur l’accord compétitivité a encore été marquée par des mobilisations, notamment à Douai où 800 salariés ont débrayé. Cette « dernière » réunion a été suivie par des tractations de couloir. Et ce n’est qu’hier que la direction a dévoilé son projet d’accord. Celui-ci sera présenté à un CCE le 12 mars, avant d’être soumis à signature. Un accord toujours inacceptable.

La voix de son maitre

Certains syndicats, satisfaits des promesses de volumes de production et des retouches cosmétiques faites au projet initial de la direction, se déclarent prêts à signer l’accord compétitivité. Mais ce n’est pas parce qu’ils vont à la niche que les salariés doivent les suivre.

La mobilité, c’est risqué

Optimum : c’est le nom du nouvel outil de gestion des mobilités des salariés dont le poste est supprimé ou qui ne trouvent pas à se recaser. Leurs CV seront désormais consultables par les managers ayant besoin de quelqu’un pour une mission courte, sans transfert administratif. Ces salariés feront les bouche-trous. Et s‘ils veulent partir, la direction ne les retiendra pas.

L’arnaque du forfait jour

L’Actu’Paie donné avec la paie de février rappelle que 5 ans avant leur départ en retraite, les salariés peuvent transformer leur Compte Epargne Formation en congés. En supprimant le CEF, l’accord compétitivité ferait donc perdre 4 jours de congés par an aux cadres au forfait jour. Et ce sera aussi le cas pour les ETAM et les APR en l’absence de réduction d’horaires ou de RTT supplémentaires.

Volontaires, désignez-vous

L’élargissement de la Dispense d’Activité 3 ans avant la retraite n’est pas encore signé que les salariés les plus âgés sont déjà sollicités. Comme si c’était à la direction de décider à leur place.

Des départs sans parachute doré

En cas de modification de l’âge légal de départ à la retraite, l’accord compétitivité prévoit que « les signataires conviennent de se rencontrer pour examiner d’éventuels ajustements. » Alors que le gouvernement prépare une nouvelle réforme des retraites, Renault ne veut pas s’engager à garantir les revenus des salariés dont il ne veut plus. Méfiance.

La pompe à phynance

En 2012, l’Etat et l’Union Européenne ont largement arrosé Renault : 171 millions d’euros (165 en 2011), dont 120 en crédit d’impôts recherche. Ils contribuent ainsi pour 135 millions à la marge opérationnelle et pour 47 millions au Free Cash Flow. De l’argent public qui permet à Renault de se désendetter, d’augmenter les dividendes et la PPG.

Ras-le-bol en cuisine

Manque d’effectifs, absences non remplacées : la coupe est pleine pour les salariés d’Elior en charge de la restauration au TCR. Une pétition a été signée massivement aux Cascades (Avancée). La direction d’Elior fait profil bas, mais les problèmes persistent.

Qui sème la colère…

Apprenant que Renault veut internaliser leur activité en 2015, les salariés de SAS à Douai, (planche de bord du Scenic) ont fait grève : ils veulent l’assurance que Renault les reprendra tous. Grève aussi à la succursale de Dijon (140 salariés) que Renault veut revendre. A Vaux (Allier), les salariés de la fonderie DMI sont en lutte contre la liquidation de leur usine, alors que Renault, principal client, refuse de s’engager sur un niveau de commande… Leurs combats sont aussi…

Une herbe toujours plus verte ailleurs

Alors que VW annonce 22 milliards de bénéfices et une prime de 7000 € pour ses salariés, on nous reparle du « modèle allemand ». Mais rapportée aux bénéfices, cette prime n’est pas plus forte qu’à Renault. Et la réalité de la success-story de VW ce sont des salaires gelés voire baissés, une flexibilité accrue, une augmentation des cadences et des baisses d’effectifs. Il est des modèles dont on se passe.

Renault : « Les caisses sont pleines »

C’est un analyste financier de la revue Le Revenu qui le dit. Et il n’est pas le seul expert à se féliciter des bons résultats de Renault. Un sentiment peu partagé par les salariés qui n’en voient pas la couleur.