Mois : février 2013

L’élan de la mobilisation

La mobilisation est montée d’un cran sur les sites de fabrication Renault et filiales mardi 29 janvier, pendant que se tenait une nouvelle réunion sur l’accord de compétitivité : 1000 salariés ont débrayé à Douai (1/3 des effectifs), 1300 à Flins (avec blocage de l’accès au site le matin entrainant des perturbations sur l’A13), 480 au Mans, 625 à la Sovab, 250 à Sandouville, 130 à Choisy (la moitié des salariés présents), 240 à ACI Villeurbanne sur 300… A Cléon,…

Pas d’accord !

Mardi 5 février a lieu la prochaine réunion sur l’accord de compétitivité…. et une nouvelle journée d’action sur tous les sites Renault contre cet accord. Au TCR, une heure de grève est prévue dès 10h dans la Ruche. C’est l’occasion de faire savoir que des salariés du Technocentre ne veulent toujours pas de cet accord qui détruit des emplois et des compétences, tout en dégradant les conditions de travail et le pouvoir d’achat de ceux qui restent.

De la poudre aux yeux

En échange de la signature de l’accord de « compétitivité », la direction de Renault promet de produire en France 100 000 véhicules Renault de plus. Mais ces volumes étaient déjà programmés : Trafic à Sandouville, nouveaux Scénic à Douai… Quant aux 80 000 véhicules partenaires promis également, une partie est déjà en cours : 35 000 Citan Mercedes sont prévus à Maubeuge en plus du Kubistar (Kangoo badgé Nissan), du nouveau Master badgé Nissan à Batilly… Des promesses qui…

Des postes pas perdus pour tout le monde

Suite à la négociation du 29 janvier sur l’accord de compétitivité, la direction annonce trois aménagements. Les compteurs de temps seraient plafonnés à 15 jours au lieu de 10, et il serait possible de monétiser davantage ses jours acquis. La mutualisation des fonctions support ferait l’objet d’une commission de suivi avec les syndicats. Et un observatoire veillerait aux détachements obligatoires. Des aménagements à la marge qui ne changent rien… et qui donneront juste quelques postes dans des commissions aux syndicalistes…

Ministre du renoncement productif

Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, a vite remballé ses diatribes contre les patrons licencieurs. Il demande aux syndicats de Renault de signer au plus vite l’accord de compétitivité qui prévoit des milliers de suppressions d’emplois, l’externalisation et la délocalisation d’une partie de l’ingénierie et du tertiaire… Les salariés qui ne veulent pas de cet accord apprécieront.

La crise a bon dos

Renault fait pression sur les syndicats pour qu’ils signent l’accord compétitivité rapidement. Histoire de dire qu’il n’y a rien à négocier. Mais pourquoi ne pas attendre l’annonce des résultats financiers le 14 février ? Free Cash Flow positif, action en hausse à la Bourse (+ 12 % en janvier), 1,5 milliards récoltés grâce à la vente des actions Volvo, ventes record de Nissan en 2012 (+5,8% par rapport à 2011), etc. : pas sûr que les résultats soient si mauvais…

Le coût du capital

La direction prévoit de réaliser 400 millions d’économies en supprimant 7 500 postes. A comparer aux 343 millions d’euros de dividendes versés aux actionnaires en 2012 (et combien en 2013 ?) : en voilà une vraie source d’économies.

En panne décence

Le ministre de l’économie, Moscovici, a appelé Ghosn à faire un « effort de décence » en « modérant » son salaire. Diable, que d’audace ! Mais même si Ghosn renonçait à sa part variable chez Renault (1,6 millions en 2012), il lui resterait 1,3 millions de part fixe. Sans oublier sa rémunération chez Nissan (9,9 millions d’euros en 2012). Pour les efforts comme pour le reste, il y en a qui sont plus égaux que d’autres.

Et si le problème était ailleurs ?

Dans un marché français en baisse de 14 % en janvier 2013, Renault augmente ses parts de marché de 1,4 % avec des ventes en baisse de 9,2 %. Le « début de la reconquête » selon le directeur Commercial France. Une reconquête qui ne dépend donc pas de l’accord de compétitivité.

Un chèque en blanc

La direction demande aux syndicats de signer un accord entérinant 2500 suppressions d’emplois dans l’Ingénierie et 1300 dans le tertiaire en février, et ne dévoilera les postes et les secteurs concernés qu’en avril ! La direction annoncera alors qui serait « non cœur de métier » et externalisé, tandis qu’une partie du « cœur de métier » irait dans les RTx. En deux temps : pour que la pilule passe plus facilement ?!