Jour : 19 février 2013

Quand la lutte paye

La succession et l’ampleur des débrayages contre son projet d’accord de compétitivité ont obligé la direction à revenir en arrière sur les détachements intersites. Le 29 janvier, elle annonçait la création d’un observatoire afin de « veiller aux situations individuelles ». Le 5 février, elle promettait que les détachements obligatoires seraient limités à la durée de l’accord. Enfin le 12 février finalement, elle déclarait qu’ils resteraient au volontariat comme c’est le cas aujourd’hui. Un premier recul. Mais pour le reste,…

Aucune avancée : que des reculs

Certains syndicats vantent les soi-disant avancées de la négociation et se disent prêts à signer l’accord de compétitivité. Pourtant mis à part le maintien des détachements mais au volontariat, rien n’a changé : blocage des salaires, hausse du temps de travail, flexibilité, mutualisations, réduction des effectifs… La plupart des volumes de production promis étaient déjà prévus. Et la direction veut toujours supprimer 3800 postes à l’ingénierie-tertiaire, dont 1000 à l’Ingénierie qui seraient externalisés. Un accord toujours aussi inacceptable.

Une direction qui fait de l’aqua-planning

La direction a programmé une nouvelle « dernière » séance de négociation mardi 19 février. En fait comme son accord de compétitivité a du mal à passer, elle a dû faire glisser tout son planning. L’accord qui devait initialement être signé en janvier, devrait être rédigé finalement après la réunion du 19. Puis il serait soumis à la signature des syndicats en mars, c’est à dire après consultation du CCE. Ensuite, la direction définirait des « décrets d’application » concernant…

De l’argent, il y en a…

Les caisses de Renault sont pleines : sa trésorerie atteint 10,1 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 3,5 milliards de lignes de crédit. Un niveau historique selon la direction ! Renault a remboursé complètement ses dettes au point d’avoir un montant net de liquidités (différence entre la trésorerie et les engagements financiers) de 1,492 milliards d’euros. Il n’y a donc aucune raison de réduire les emplois et les salaires. Cet argent, qui provient de notre travail, devrait servir à investir dans la…

Pas de crise pour les actionnaires

Le conseil d’administration a décidé d’augmenter de 48 % les dividendes : 508 millions d’euros contre 343 l’an dernier. Près d’un tiers des bénéfices (1,7 milliards) va donc passer dans les poches des actionnaires, alors que Renault gèle les salaires. Pour que les uns s’enrichissent…

Désintéressement

L’enveloppe globale de la prime d’intéressement aux bénéfices est en baisse de 32% : 44 millions en 2012, contre 65 en 2011. Moins de bénéfices, certes, mais pourquoi les dividendes grimpent-ils de 48% ?

Ghosn salué par les marchés financiers

L’annonce des résultats financiers a été saluée par les marchés : l’action a pris 7,7 % en un jour et elle continue à grimper. Il en est que la santé de Renault n’inquiète pas. Alors pourquoi les salariés devraient-ils se serrer la ceinture ?

A bas les privilèges

L’objectif d’un Free Cash Flow positif en 2012 est largement atteint : +600 millions d’euros. Un résultat obtenu au prix de coupes budgétaires sur les projets, l’avance intéressement, les conditions de travail et la prestation, avec le départ de nombreux prestataires. Mais les bénéficiaires de la PPG (Prime de Performance Groupe versée aux plus hauts cadres) ont le sourire : ça va tomber ! Renault soigne sa cour.

Provocateur et radin

Carlos Ghosn reporterait le versement de 30 % de sa part variable perçue chez Renault au titre de 2012. Il empocherait cette somme en 2016 seulement si l’accord de compétitivité est respecté. Mais il faudrait d’abord que des syndicats le signent. Ghosn mise donc 430 000 €, soit 3 % de sa rémunération Renault-Nissan de 13,3 millions. Des cacahuètes, sans commune mesure avec l’impact de cet accord sur les salariés et sur l’emploi.

Un contre forum

Jeudi 14, 150 salariés du Technocentre et de Lardy se sont vus refuser l’entrée de l’amphithéâtre Gorges Besse à l’Avancée, où Ghosn tenait son open forum. Un autre forum a donc été improvisé devant les portes bloquées par la direction… pour y défendre un tout autre point de vue et avec davantage d’ambiance qu’à l’intérieur de l’amphi !

L’union fait la force

Le 12 février, une cinquantaine de salariés du TCR ont rejoint, à Rueil, le rassemblement des salariés de Goodyear Amiens. Il y avait aussi des délégations de PSA-Aulnay, Sanofi, ArcelorMittal… Un petit pas vers la convergence des luttes.