Jour : 22 janvier 2013

Méthode Coué

« Succès » de la stratégie à l’international, gamme renouvelée, hausse des ventes en 2013 : l’Open Forum de vendredi dernier sur les Objectifs et Enjeux des Régions a versé dans l’autosatisfaction. Après avoir soufflé le froid pour justifier la cure de compétitivité, c’est maintenant la « positive attitude ». On est censé y croire ?

Les grands stratèges

Absence sur les marchés chinois ou nord-américains, augmentation des capacités de production en Russie ou au Maroc en pleine crise de surproduction en Europe… C’est aussi ça la « stratégie internationale » de Carlos Ghosn. Un « succès », vraiment ?

Ce n’est pas aux salariés de payer la crise

Les mauvais résultats commerciaux en Europe servent à faire passer la casse sociale menée au nom de la compétitivité à Renault, comme à PSA. Mais si les ventes européennes d’automobiles baissent, à qui la faute ? Aux travailleurs pas assez compétitifs ou à leurs portefeuilles mis à plat par la rigueur et les licenciements partout en Europe ? Quant aux grands groupes financiaro-industriels, responsables de la crise, ils continuent à faire la loi.

La bourse ou la vie

Après l’annonce de son plan de suppression d’emplois, l’action Renault a grimpé de 5 % en une semaine. Le hold-up boursier continue.

Pour réchauffer l’ambiance

Le prochain round sur la compétitivité, qui portera sur les salaires, a lieu ce mardi 22 janvier. Et il n’y a rien à en attendre de bon. Mercredi 23, des rassemblements et des débrayages doivent avoir lieu au Technocentre et dans la plupart des sites Renault. C’est l’occasion de donner son avis sur cet accord.

Travailler plus pour travailler plus

Avec la suppression du CEF et la remise en cause des accords locaux en usine, ce sont l’équivalent de 4 à 21 jours supplémentaires, comme à Cléon, qui seraient travaillés par an. Une augmentation du temps de travail chiffrée à +6,5 % par Renault. Moins il y a de travail, plus on travaille : logique, non !?

1+1 = 1,5

Lors de la dernière réunion sur la compétitivité, la direction a annoncé son intention de « rapprocher » l’Ingénierie Véhicule et l’Ingénierie Mécanique à partir de 2013. Ce rapprochement entre Rueil et Guyancourt risque de ne pas être seulement géographique. Son but est d’obtenir une « ingénierie redimensionnée ». Avec des effectifs en baisse et polyvalents bien sûr.

Bourreau des cœurs

La direction voudrait ne conserver en France que le « cœur de métier ». Mais quels sont les métiers et les compétences appartenant à ce « cœur » ? Mystère. Seule certitude : sa volonté de continuer à externaliser des parties de l’Ingénierie (1000 salariés Renault seraient dans le collimateur), et à délocaliser dans les RTx 500 Equivalent Temps Pleins France supplémentaires. Du travail de boucher.

Soldes et destockage

Pour faire des économies, la direction étendrait la Dispense d’Activité des Carrières Spécifiques (DACS) possible trois ans avant son départ en retraite, en supprimant les conditions travail posté ou invalidité et en l’ouvrant aux cadres. Ceux qui auront 58 ans d’ici 2016 pourraient en bénéficier. Mais au prix d’une baisse de salaire d’au moins 25 % pendant 3 ans. Il faut pourvoir se le permettre.

Volontaires désignés d’office

La direction préfère parler de départs « volontaires » plutôt que de plan social. Mais de quel volontariat s’agit-il lorsqu’un salarié pourra être licencié s’il refuse un détachement à plusieurs centaines de kms de chez lui ? Ou lorsque son poste, voire son métier, est classé « sensible », que son activité est externalisée, qu’il n’a plus de perspective… ?

Nissânerie

Le dernier effet d’annonce pour que syndicats et gouvernement valident l’accord de compétitivité serait la venue de productions Nissan sur les sites Renault. Ce qui ne remettrait pas en cause les suppressions d’emplois, et donnerait donc plus de travail à ceux qui restent.

On n’arrête pas le progrès

Lors de leur entretien annuel, ceux qui arrivent sur un nouveau poste sont gratifiés de la nouvelle évaluation « Progrès attendus ». Bonjour le cadeau d’arrivée !

Après la Ruche, le Ring

Un « dispositif de facilitation » pour gérer les « situations relationnelles difficiles » : c’est le projet de Renault pour 2013. Avec des « facilitateurs » qui interviendraient sur « toute situation de tension, conflit entre personnes qui dépassent le cadre normal des relations professionnelles » ! Avec Drive the Change, redouterait-elle un remake du Contrat 2009, avec des pugilats et des suicides ? La vraie prévention, ce serait de ne pas mettre les salariés sous tension et en…