Un grand ébat, mais toujours pas de preuve d’amour

Le « grand débat » de Macron n’en finit pas de finir. Visite de Macron en Corse boycotté par une bonne partie des élus, séance de « restitution » des débats par Edouard Philippe ce lundi 8 avril, où il parle « d’exaspération fiscale », mais se garde bien d’annoncer le rétablissement de l’Impôt sur la fortune… Puis viendront les premières annonces gouvernementales, et cela pourrait durer jusqu’à l’été.

Le calcul de Macron, c’est de jouer la montre en espérant que la contestation des Gilets jaunes s’éteigne. Sauf que malgré la répression policière et les campagnes de dénigrement, le mouvement des Gilets jaunes est toujours au rendez-vous dans les rues les samedis. Et il s’organise et débat, comme à Saint-Nazaire le week-end dernier où plus de 700 délégués de groupes de Gilets jaunes se sont réunis, pour poursuivre le combat contre ce gouvernement des riches.

Les retraites et l’éducation en ligne de mire

Rien ne semble devoir fondamentalement changer au sortir de ce Grand débat. Macron et son gouvernement continuent leurs attaques contre le monde du travail. Gérald Darmanin a évoqué la possibilité de reporter l’âge légal de la retraite. Jean-Paul Delevoye, chargé de préparer une nouvelle « réforme » des retraites, serait contre un tel report. Il faut croire que certains craignent les réactions que pourrait provoquer une telle annonce.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement compte bien réduire le montant des retraites en jouant sur les règles de calcul des pensions. Déjà l’âge de départ de 62 ans est largement virtuel pour bon nombre de salariés, pour qui il faut réunir pas moins de 43 annuités de cotisations pour accéder à une retraite dite « à taux plein ».

On ne cesse de nous répéter qu’il y aurait trop de retraités par rapport aux actifs, que l’espérance de vie s’allongeant, il serait inéluctable de devoir partir à la retraite plus tard, ou avec une pension moindre, ou les deux. Mais c’est cette société qui ne tourne pas rond, elle qui condamne une part importante des travailleurs au chômage et aux petits salaires, ce qui pèse sur les rentrées des caisses de retraite. Quelle logique y a-t-il à laisser d’un côté les jeunes dans la précarité, pour de l’autre travailler à plus de 60 ans ?

Pour Macron et sa classe sociale, l’ordre des choses, c’est de réduire le niveau de vie des classes populaires tandis que les grands patrons bénéficient de « retraites chapeaux » chiffrées en millions.

Rien de naturel à tout cela. La contestation sociale reste toujours vivace, avec la persistance de la mobilisation des Gilets jaunes. La mobilisation des enseignants face aux réformes du ministre Jean-Michel Blanquer et le manque de moyens, monte aussi en puissance, comme on l’a vu dans les manifestations et grèves du jeudi 4 avril. La jonction des colères, tous ensemble, voilà qui pourrait changer la donne.

Un petit pas vers l’indemnisation des victimes de l’amiante

La Cour de cassation a élargi, vendredi dernier, le préjudice d’anxiété à tous les salariés exposés à l’amiante, jusqu’alors limité à certaines catégories de travailleurs. Cette décision permettra à tout salarié, non malade mais exposé à un « risque élevé », de demander réparation. Encore faudra-t-il en apporter la preuve.

Malgré les études médicales sur les méfaits de l’amiante, l’utilisation de ce matériau s’est généralisée, avec la complicité des gouvernements, pour n’être interdite qu’en 1997. Selon l’Institut de veille sanitaire, ce scandale sanitaire fait plus de 3 000 morts par an et pourrait provoquer d’ici à 2050 jusqu’à 100 000 morts en France.

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