Les ordonnances du charlatan Macron

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Faciliter les licenciements, réduire les délais de recours aux Prud’hommes et les indemnités pour licenciement abusif, développer les contrats précaires au détriment du CDI, permettre que des accords d’entreprise reviennent sur des droits garantis aux salariés par le Code du Travail… Sans surprise, le projet autorisant le gouvernement à procéder par ordonnances est clairement dirigé contre les travailleurs et les jeunes. Mais le fait même que Macron veuille procéder par ordonnances, tout comme sa comédie du dialogue social, montre qu’il n’est pas si sûr de son coup.

Macron veut donc poursuivre l’œuvre entamée par les précédents gouvernements, qui ont tous empilé les mesures dérogatoires au code du travail et favorables au patronat. Car cela a commencé en 1977 sous Raymond Barre, avec de prétendus « stages » pour les jeunes payés de fait en dessous du SMIC. Une première « dérégulation » reprise par le gouvernement du socialiste Pierre Mauroy avec ses stages d’insertion à la vie professionnelle. En 1986 sous la cohabitation Mitterrand/Chirac, le gouvernement supprime l’autorisation administrative de licenciement. Et depuis, les attaques n’ont fait que s’amplifier : sous les gouvernements de droite comme de gauche, sous Hollande, avec Macron comme ministre de l’Économie, comme sous Sarkozy.

Macron a obtenu sa majorité à l’Assemblée avec seulement 16,6 % des électeurs inscrits, dans un scrutin où il n’y a eu que 38,4 % de suffrages exprimés. Mais il se fiche que lui et ses députés aient été « mal élus » : au pouvoir, il compte imposer sa politique à tout le monde, et par la force s’il le faut. Comme l’ont fait Hollande et Valls, tout impopulaires qu’ils aient été.

Pourquoi les ordonnances ? Pour aller vite, dit-il. Par crainte des réactions, surtout, de ceux qui ont refusé de voter pour lui, et qui sont près de 70 % parmi les salariés.

La manœuvre du dialogue social

S’il n’y avait que les dirigeants des confédérations syndicales, le gouvernement n’aurait pas à se faire de mouron. CGC ou CFDT nous ont habitué ces dernières années à signer tout ce qu’on leur présente. Courtisé par le gouvernement, FO, a cette année aussi renoncé à toute mobilisation.

De son côté, la CGT parle de mobilisation et a fixé une échéance pour le 12 septembre. Reste que ses dirigeants participent au simulacre de concertation du gouvernement, et à ses rencontres bilatérales avec les syndicats, tout en se lamentant qu’ils ne sont pas écoutés ! Une attitude qui est loin d’envoyer un message de fermeté et de combat.

Avec le dialogue social, le gouvernement vise surtout à obtenir la collaboration des confédérations syndicales, de leurs appareils dirigeants dans l’espoir d’endormir les travailleurs, et de les priver de moyens de riposte.

Nous pouvons créer la surprise

Les mesures que prépare le gouvernement ne réduiront pas le chômage. Elles augmenteront la précarité, et entraîneront au final un appauvrissement du monde du travail. Ces mesures visent en fait à satisfaire les revendications d’un patronat qui n’en a jamais assez. Mais nous pouvons devenir leur pire cauchemar.

Ce qui nous manque, c’est de nous convaincre de notre force… et de l’utiliser. Toutes ces dernières années ont été ponctuées de manifestations nombreuses, mais sans déboucher sur de vraies grèves, de celles qui se coordonnent et se généralisent, de celles qui changent la situation politique et contraignent le gouvernement comme le patronat à céder de peur de tout perdre.

Elles ont au moins montré que la colère était là, et nombreux sont ceux qui ne veulent pas laisser passer tous ces reculs sociaux. Il faudra donc construire les conditions de nos succès, participer aux journées d’action, et surtout leur donner des suites réelles. C’est la seule chance de gagner.

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