La violence n’est pas toujours dans la rue

Samedi dernier, pour l’acte XIII des Gilets jaunes, le gouvernement annonçait l’essoufflement du mouvement, comme il le fait chaque semaine depuis bientôt trois mois. Et pourtant, il y a toujours des dizaines de milliers de manifestants dans les rues. Aux manifestations du samedi, se sont même ajoutées celles du mardi 5 février, où des syndicats et des Gilets jaunes avaient appelé à la grève.

 

Violences policières

Macron et Philippe ne savent plus quoi faire : des mises en scène du « grand débat » aux discussions sur le rétablissement ou non du 90 km/h sur les routes, en passant par un référendum que Macron voudrait organiser à l’issue du grand débat… Peu de chances que les questions apportent satisfaction vu qu’il est interdit d’y parler salaires, niveau de vie, suppression du CICE, rétablissement de l’ISF…

Il ne reste à l’exécutif que la répression : depuis novembre, la brutalité policière a fait plus de 1 700 blessés, dont au moins 94 graves, 13 au moins ayant perdu un œil selon un décompte de la Ligue des droits de l’Homme du 18 janvier – et donc déjà dépassé. Samedi encore, à Paris, un manifestant a eu la main arrachée par une grenade. Quatre jours plus tôt, Castaner faisait voter à l’Assemblée nationale une loi « anticasseurs », écrite par la droite et qui renforce les pouvoirs des préfets et de la police.

Mais la police et les CRS n’ont que difficilement le dernier mot face à des Gilets jaunes qui ne se laissent pas impressionner. Et c’est bien cela qui donne des sueurs froides à Macron et Philippe et, au-delà, à tous les nantis.

Violence sociale

À défaut, le gouvernement tente au moins de rassembler derrière lui le monde des riches. Sa « loi alimentation » satisfait les lobbies de l’agro-industrie et de la grande distribution et a déjà fait augmenter de 4 % le prix des 100 produits les plus vendus.

Le gouvernement veut aussi supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Cela annonce de nouvelles coupes sombres dans des établissements scolaires déjà sinistrés. Dans les hôpitaux aussi, où rien ne va déjà plus : nouvelles fermetures de lits, d’unités de soin, et des personnels toujours plus exténués par le manque d’effectifs. Tout cela pour dégager l’argent des subventions qui permettent d’arroser les actionnaires, comme le CICE : 20 milliards d’euros par an, 40 sur le budget 2019 !

Dans les entreprises aussi, les raisons de se battre ne manquent pas. Partout, les directions font pression pour intensifier le travail. Avec toujours l’épée de Damoclès des licenciements, des fermetures, comme on l’a encore vu avec les 200 travailleurs licenciés de l’usine Arjowiggins, qui produisait le papier des billets de banque. Spectaculairement, ils ont mis le feu aux stocks. Tout un symbole !

Gouvernement et patronat ont peur que des salariés en lutte rejoignent celle des Gilets jaunes. C’est l’unique raison des primes exceptionnelles accordées par certaines entreprises à leurs salariés, mais qui ne règlent pas la question des salaires.

Violence de classe

Les slogans des Gilets jaunes visent Macron, son gouvernement et ses députés aux ordres. Mais ceux-ci ne font que défendre les intérêts des classes possédantes, du patronat des grandes entreprises, des banques et de leurs gros actionnaires. Les presque 6 000 euros net que touche un député ne doivent pas faire oublier les millions d’euros perçus par les grandes fortunes, toute cette classe sociale qui s’enrichit grâce à la montée des inégalités.

Macron fait partie de ce personnel politique, qu’il soit de Droite, de Gauche ou d’Extrême Droite, au service de la bourgeoisie. Il est de ces politiciens qui n’ont pour perspective que de faire faire durer un système capitaliste à bout de souffle, un ordre social de plus en plus injuste qui se perpétue grâce à la violence d’un Etat au service des plus riches. Une violence quotidienne, policière, administrative, institutionnelle et sociale, et qui façonne nos existences. Bref tout un monde à changer.

 

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