En 2011, Renault a dégagé un bénéfice net de 2,13 milliards d’euros. Une hausse de 42 % par rapport à 2010, où Renault a fait 1,49 milliards d’euros de bénéfices si on enlève la vente des
actions Volvo. On comprend pourquoi Ghosn a retrouvé le sourire.
La direction annonce 1,084 milliard de Free Cash Flow (FCF) en 2011, soit plus du double de son objectif initial de 500 millions. Pour atteindre ce score, certains ont fait du zèle : report
des dépenses, blocage des embauches… Jusqu’à demander aux salariés de poser un RTT le 22 décembre alors que les objectifs étaient déjà largement atteints.
Pourquoi tant de zèle ? La prime des dirigeants est indexée sur le FCF. C’est surement un hasard.
Le dividende par action passe de 30 centimes à 1,16 € cette année : une hausse de 286 % ! Avec un nombre total de 296 millions d’actions Renault, 340 millions d'euros seront donc versés
aux actionnaires.
Augmenter les 36 000 salariés Renault de 300 € nets reviendrait à 250 millions par an, cotisations sociales inclues.
Augmenter les salaires plutôt que les actionnaires, c'est même plus économique !
Lors de la deuxième réunion NAO du vendredi 24 février, la direction doit annoncer les augmentations de salaires pour 2012. La veille, jeudi 23 février, plusieurs syndicats du Technocentre
appellent à une heure de débrayage pour les salaires. Cela sera le cas aussi sur de nombreux autres sites Renault.
Après trois années de vaches maigres, c’est le moment d’exiger un véritable rattrapage de salaire.
Les deux Carlos ne ménagent pas leurs efforts pour expliquer qu’il n’y a pas de contradiction dans leur discours entre les bons résultats de Renault d’une part, et les nouveaux efforts qu’ils
demandent aux salariés d’autre part.
La hausse prévue des ventes mondiales en 2012 ne suffit pas. L’objectif en interne est désormais une MOP (Marge Opérationnelle) de 5 % en 2013, contre 2,6 % cette année. Un seuil atteint
seulement 2 fois ces 12 dernières années, où la moyenne est de 2,8 %.
La baisse des coûts fixes est devenue une idée... fixe. Dans cette rubrique, la direction compte les loyers, l’amortissement des investissements ou encore… les salariés en CDI.
Baisser les coûts fixes, c’est politiquement plus correct que bloquer les salaires ou réduire les effectifs. Mais au final, c’est bien ça que ça veut dire.